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Culture

Pour qui sont Les jeunes loups?

Plus d’une semaine déjà que la fumée est apparente.

Lundi soir, la petite dernière de Réjean Tremblay a fait ses débuts du côté de TVA et nous pouvons enfin mettre des visages sur Les jeunes loups du vétéran de la télé québécoise. Ces mêmes loups qui sont tournés au ridicule depuis la sortie des premières images de la série et ces mêmes loups que tous les chroniqueurs culturels se retiennent de tapisser dans un coin par respect pour l’auteur et son héritage télévisuel.

Beaucoup de gants blancs pour une entreprise allergique à la finesse.

La question s’impose d’elle-même alors: pourquoi Les jeunes loups? En fait, pourquoi Les jeunes loups de cette façon en 2014?

Le style Tremblay est ancré dans notre télévision. Scoop et Lance et Compte sont, et seront toujours, des références. Mais on parle de références qui datent de plus 25 ans. C’est loin longtemps 25 ans. On parle d’une génération, peut-être même deux.

Tremblay dépose (ou garoche, c’est selon) sa proposition dans l’ombre de son propre succès et le diffuseur, dans ce cas-ci TVA, en redemande. Je veux bien que la nostalgie fonctionne de nos jours, mais doit-on vraiment encourager le recyclage archéologique au détriment de nos jeunes artisans qui eux ont des propositions actuelles pas déjà visitées à outrance?

Le discours Tremblay, on le connaît, on l’a entendu. Ça sacre, ça fourre et c’est presque ponctué par des applaudissements entre deux phrases assassines.

Dans la nouvelle version présentée lundi, on peut ajouter une dichotomie générationnelle malaisante où tous les «vieux personnages» interpellent les «jeunes loups» à grands coups de «p’tit cul» ou «la p’tite». Aussi, les «jeunes loups» sacrent et s’expriment en franglais, parce que c’est cool le bilinguisme.

Fucking cool, comme la «nouvelle» réalité de l’internet au royaume des références analogiques.

Bref, c’est pour qui Les jeunes loups? Réjean Tremblay se défend d’écrire pour le «vrai monde» et non pour les journalistes et ceux qui sont branchés sur l’actualité en continu et les réseaux sociaux. Mais, c’est qui ça le «vrai monde»? Nos parents? Les gens en région? Les retraités? Qui est inclus et qui ne l’est pas dans ce «vrai monde» de Tremblay?

Si vous le savez, éclairez ma lanterne.

Après un visionnement de ces petits loups, j’ai plutôt l’amère impression que le «vrai monde» est celui qui a la mémoire aléatoire et qui redonne une chance de briller à Réjean Tremblay qui sert, depuis 30 ans, la même poutine sans trop s’efforcer de changer la sauce ou la qualité de son huile de friture.

Ma grand-mère cuisinait avec du Crisco, tout avec du Crisco. Maintenant, Ricardo en ferait une syncope de la voir aller. Faut actualiser, s’adapter aux changements.

Les jeunes loups, ça patauge dans le Crisco de Tremblay. Il serait temps pour lui d’ouvrir un livre de recettes écrit au 21e siècle.

«Tout doit être dit», voilà la devise du journal fictif Le Matin. Alors, je le prends aux mots et je dis tout ce que je pense: Les jeunes loups, c’est le symptôme d’une télé malade qui regarde en arrière au lieu d’en avant.

Plus jeune, le père de mon ami nous a vite familiarisés avec la réalité de la mort quand il a amené son vieux chien malade derrière la remise pour mettre fin à ses souffrances. Sans souhaiter de malheur à personne, j’ai hâte qu’on laisse le passé se reposer en paix.

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BONUS : Réjean Tremblay a pigé sa crack d’informatique directement dans le film Hackers – datant de 1995. C’est plus récent que Scoop, mais c’est encore pas mal datée comme référence.

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