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TLMEP: est-ce qu’inviter, c’est voter?

Ça vole dans tous les sens depuis l’annonce coup de poing de Pauline Marois et du PQ.

Vous connaissez la petite histoire, les élections, PKP, la charte et une souris verte.

Ce qui m’intéresse dans cette histoire, c’est la position télévisuelle de cette campagne.

Il y aura, sans surprise, des doutes par rapport à l’utilisation de l’image par l’empire Québecor. Rien de nouveau ici, juste une sauce différente sur un sandwich familier.

Ce qui a fait beaucoup de vagues, alors qu’avant c’était le calme plat, c’est le passage des quatre chefs de partis à la populaire émission Tout le monde en parle. Ils y vont, rien de neuf ici. C’est d’ailleurs une tradition utile de l’émission que de confronter, du moins dans la limite du possible, les politiciens en campagne.

Jusqu’ici, tout baigne.

Mais, pour emprunter la formule de l’émission, j’ai une question qui tue qui me démange: Est-ce qu’inviter, c’est voter?

On connaît la portée de l’émission sur l’opinion populaire. On peut difficilement blâmer Pauline Marois d’avoir sélectionnée la veille des élections pour venir faire briller le plus blanc de ses sourires sur les ondes de notre télévision d’État. Là où la mâchoire me crispe, cependant, c’est de voir que cette date était proposée aux politiciens en premier lieu.

Je comprends les contraintes en raison de la courte durée de la campagne, comme l’explique Guy A. Lepage. Mais à cela je réponds  belle excuse, comme si ça ne se contournait pas.»

Sans rien enlever aux électeurs du Québec, la mémoire est une faculté qui oublie. En cas de doute, il est fort possible que le réflexe premier soit d’encercler le nom qui nous est le plus familier le jour des élections. Dans ce cas-ci, le nom qui aura circuler dans la plupart des foyers de la province la veille au soir sera celui de Pauline Marois.

Pas celui de Péladeau, ni du bleu du PQ, ni de l’indépendance. Ce sera celui de madame Marois, de sa cassette électorale et des petites blagues bon enfant qu’elle fera au cours de l’émission.

Le danger, il est là.

Je n’ose pas laisser sous-entendre un complot de la part de monsieur Lepage et de son équipe, loin de là. Mais il y a peut-être une petite erreur de calcul par rapport à l’impact potentiel de la décision d’ouvrir cette plage horaire à un seul candidat au lieu d’à un panel d’observateurs neutres, par exemple, qui pourrait nuancer la campagne du dernier mois quelques heures avant de vivre le malaise de l’isoloir.

Bref, je n’aime pas ce que je vois.

Parce que l’outil démocratique, dans la petite naïveté que je cultive entre deux claques sur la gueule, en est un de libre arbitre. La télévision, le dimanche soir, n’est pas reconnue pour ses grandes confrontations politiques.

Les blancs seront plus brillants et les gris seront poussés sous la table. Cassette politique oblige.

Marois ne fera rien de plus que les autres chefs de partis, mais elle aura la chance de le faire en 9e manche avec les buts remplis et la victoire au bout de son bâton.

Difficile de ne pas être cynique devant un tel scénario, écrit avant même que tous les poteaux de la province ne soient couverts de pancartes hideuses.

Si c’est ça le printemps, vivement l’hiver.

MAJ : Radio-Canada a renversé la décision de Guy A. Lepage et de son équipe et il n’y aura pas de chefs sur le plateau avant le jour des élections.

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