CHICAGO – Qui du marcheur ou du coureur reviendra le plus trempé d’une balade sous la pluie? Est-ce vraiment possible de rester accroché par quatre doigts à une falaise jusqu’à ce que les secours arrivent comme le font les héros dans les films? Et est-ce que Superman est le seul à être plus rapide qu’une balle de revolver?
Voilà des questions auxquelles l’émission «MythBusters» de Discovery Channel (diffusée au Québec sous le titre «Les stupéfiants» à Ztélé) a tenté de répondre pendant des années et, à compter de jeudi, quiconque se demande s’il est vraiment possible de revêtir un costume de superhéros dans une cabine téléphonique pourra découvrir la réponse au Museum of Science and Industry de Chicago.
Première exposition inspirée de la série télévisée, «MythBusters: The Explosive Exhibition» restera dans la ville des vents jusqu’au 3 septembre avant d’entreprendre une tournée nationale qui la mènera aux quatre coins des États-Unis.
«On y retrouve le même mélange de science et d’humour qui caractérise l’émission depuis une décennie», affirme Adam Savage, l’un des coanimateurs de «MythBusters», en entrevue avec l’Associated Press.
Comme l’émission, l’exposition appâte les visiteurs en leur présentant des situations qu’ils ont déjà vues au cinéma ou à la télévision, comme de la vaisselle qui se fracasse sur le sol après que la nappe sur laquelle elle reposait eut été retirée d’un coup sec.
«C’est l’hameçon, précise Jamie Hyneman, l’autre coanimateur de «MythBusters». C’est ce qui les accroche et, avant qu’ils ne réalisent ce qui se passe, ils sont en train d’apprendre quelque chose ou poussés à réfléchir attentivement à ce qui se déroule devant eux.»
«MythBusters: The Explosive Exhibition» est constituée de 12 stations où les curieux pourront voir certains des accessoires utilisés lors du tournage de la série, comme le cercueil dans lequel M. Hyneman s’est couché dans le cadre d’un épisode sur les personnes enterrées vivantes.
L’une des stations a la forme d’un conteneur de six mètres de long au-dessus duquel des tuyaux laissent tomber des gouttes d’eau. Des volontaires choisis parmi le public seront invités à le traverser deux par deux, l’un en marchant et l’autre en courant. Grâce à la teinture fluorescente ajoutée à l’eau, ils pourront ensuite comparer qui est le plus mouillé en se plaçant devant une lumière noire.
Après avoir déterminé qui est le plus trempé, ils pourront peser sur le bouton correspondant à leur réponse. Les résultats seront enregistrés et révélés à la fin de l’exposition en septembre. «Nous aurons peut-être 100 000 participants et nous pourront observer l’évolution des réponses au fil du temps», affirme Geoffrey Curley de la firme Discovery Communications and Exhibits Development Group, qui collaboré à la conception de l’exposition avec le musée.
Les films, les téléséries et les contes classiques jouent un grand rôle dans «MythBusters: The Explosive Exhibition». Par exemple, les visiteurs pourront bâtir de petites maisons en ayant recours à des matériaux de plus en plus lourds, soit une en mousse, une en bois et une en marbre, qui représentent la paille, les billots et la brique utilisés par les trois petits cochons afin de voir si les efforts du dernier en valaient la peine.
Une autre station permet aux gens de vérifier s’il était plausible que le personnage aveugle d’Al Pacino dans «Parfum de femme» puisse conduire une voiture dans les rues de New York en se fiant seulement sur les directives de son jeune compagnon, incarnée par Chris O’Donnell, complètement terrifié sur le banc du passager.
Grâce à une installation vidéo ressemblant aux jeux de course automobile dans les salles d’arcade, les visiteurs sélectionnés pourront découvrir s’ils sont aussi bons que M. Pacino ou meilleurs qu’Adam Savage et Jamie Hyneman.
L’exposition proposera aussi une démonstration en direct qui vise à savoir s’il est possible ou non d’éviter une balle de revolver ou, du moins, une balle de paintball. Des participants choisis parmi le public seront invités à monter sur scène, à mettre un manteau et à tenir devant eux un bouclier en plastique transparent pour voir s’ils peuvent s’écarter avant que la balle se déplaçant à 280 kmh n’éclate sur leur écran protecteur.
Certains visiteurs, et plus particulièrement les adolescents, seront très déçus d’apprendre que MM. Savage et Hyneman n’ont pas réussi à inclure dans «MythBusters: The Explosive Exhibition» une station sur… les flatulences. Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé.
Pour recréer une expérience olfactive mémorable, il faut réunir deux ingrédients essentiels. Cela a poussé Jamie Hyneman à essayer de concevoir une «distributrice de pets» qui, pour 25 sous, combinerait ces deux éléments.
«Je me suis dit que les ados feraient la file pour cette station, dit-il. Le problème, c’est que la substance utilisée est toxique, alors on n’a pas pu aller de l’avant avec notre idée.»
Malgré l’absence d’une telle machine, les deux coanimateurs espèrent que «MythBusters: The Explosive Exhibition» pourra pourfendre le plus grand des mythes, soit celui qui veut que la science n’est que pour les «nerds».
«La science, c’est cool!», conclut Kari Byron, une autre vedette de l’émission, en balayant l’exposition du regard.