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Moodoïd: métissage psyché et chantilly

Avec Le monde Möö – prononcez «mou» –, le groupe français Moodoïd propose un univers bonbon et éclaté, strié de tourbillons psychédéliques.

«Le monde Möö, c’est un monde où tous les éléments sont mous, affirme sans hésitation Pablo Padovani, le leader du groupe. Il y a des collines de chantilly, des champs de loukoums, beaucoup d’éléments culinaires. Il y a de grands chapeaux en barbe à papa et beaucoup de choses très sucrées aussi.»

Joint au téléphone, Padovani – guitariste de Melody’s Echo Chamber, réalisateur de vidéoclips et fils du jazzman Jean-Marc Padovani – met l’accent sur la liberté d’action de son groupe à l’imagination foisonnante. «Avec Moodoïd, il y a vraiment cette idée d’être libre à 100%, de s’amuser à 100% et de n’avoir aucune contrainte, aucune loi, aucune règle. Dans Le monde Möö, on peut faire des chansons très lentes. Il y a des sons qui sont tout mous, des chansons qui sont très longues et il peut se passer un peu tout ce qu’on veut, puisque si on se cogne contre un mur, le mur se ramollit lui aussi.»

Moodoïd avait sorti un EP en septembre dernier, travaillé avec Kevin Parker de Tame Impala. Encouragé par une réception favorable, le groupe a eu l’idée d’un album. En une semaine à la campagne, Le monde Möö était écrit. Mais le cheminement de Moodoïd n’a pas toujours été aussi rapide. Pablo Padovani confie qu’il a mis plus d’un an à trouver ses musiciennes. Car oui, Moodoïd est exclusivement féminin, à l’exception du leader. «Quand j’ai créé Moodoïd, c’était la première fois en tant que musicien que j’écrivais des chansons vraiment intimes et personnelles. Ces chansons parlaient souvent de mes histoires sentimentales. J’avais la conviction que je ne voulais pas les jouer avec mes copains derrière, mais que je voulais plutôt être avec des femmes et créer vraiment un état d’esprit féminin au sein du groupe.»

«Je vois vraiment un rapprochement évident entre la nourriture et la musique. Déjà, moi, je mange chaque jour et j’écoute de la musique chaque jour. Je ne pourrais pas vivre une journée sans l’un ou sans l’autre, quoi.» – Pablo Padovani, leader de Moodoïd

Alors que le EP a été catégorisé dans la vague néo-psychédélique, Pablo Padovani souhaite pousser Le monde Möö au-delà et créer des métissages. «J’ai envie de pouvoir sortir de ça et essayer d’autres choses. C’est vrai que je suis très attaché au jazz et aux musiques du monde aussi. J’ai des goûts très éclectiques. J’ai envie que Moodoïd soit à l’image de ça.»

Les influences de Padovani vont de Gong à King Crimson, en passant par les Beatles et Prince, pour ne nommer que ceux-là. Le jeune homme, formé au cinéma, puise aussi aux univers de Jan Švankmajer, de Wes Anderson, de Charlie Chaplin et de Michel Gondry. «Dans ma manière d’écrire de la musique, j’orchestre beaucoup, il y a beaucoup d’arrangements sur le disque. Des arrangements de violon, de violoncelle, de saxophone, de cuivres. Et disons que c’est vrai que, quand j’écris des chansons, j’écris des atmosphères. Pour moi, c’est vraiment des petites séquences de film, des images… Pour moi, le disque est construit un peu comme un conte, et ça serait la bande-son d’un conte pas encore adapté au cinéma.»

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