Culture

Revolver: l'art de lâcher prise

Inspiré par l’expérience du live, Revolver sort les gros canons pour Let Go. Entretien.

C’est avec Music for a While  (2009) qu’on avait découvert Revolver, trio rock français baignant dans les eaux d’Elliott Smith, de Belle & Sebastian et, bien sûr, des Beatles. Il faut bien porter son nom, après tout.

Pour leur second disque, Let Go, en magasin aujourd’hui, les trois garçons dans le vent se déchaînent. La pop de chambre dont ils avaient fait leur signature est magnifiée par des arrangements plus somptueux et des harmonies hautement complexifiées. «Entre le premier et le deuxième album, on a passé notre vie sur la route, à présenter des spectacles tous les jours dans des villes différentes, explique Ambroise Willaume, le chanteur et guitariste de la formation parisienne. On est venus trois fois aux États-Unis et au Canada. Ce sont des expériences très fortes qui ont beaucoup fait évoluer notre musique.»

Si le disque s’appelle Let Go, ce n’est pas pour rien. Les Revolver ont vraiment appris à laisser aller les choses. Faisant à nouveau équipe avec le réalisateur Julien Delfaud (Phoenix, Herman Dune), le groupe a fait preuve de plus de folie pour un résultat «beaucoup plus texturé», dixit Willaume. «Avec du recul, on trouvait que [Music for a While] sonnait lisse, très maîtrisé et un peu sec, observe-t-il avec une grande dose d’humilité. Sur Let Go, on voulait vraiment se laisser aller.»

Comme sur Music for a While, le batteur Maxime Garoute accompagne le trio acoustique, et donne ici une touche très entraînante, à la Phoenix, voire à la Franz Ferdinand, aux compos. «Le jeu de Maxime nous a aidés à obtenir un son plus dansant, plus rythmé, plus groovy aussi. Pour nos nouvelles chansons, on voulait s’éloigner un peu du son des Beach Boys – même si ça reste une grande référence – et aller davantage vers… ABBA, raconte Willaume. Oui, c’est très daté, et le son et les arrangement évoquent une époque, mais pour moi, ABBA, ce sont vraiment d’excellents compositeurs.» Et son tube préféré de la bande suédoise, c’est quoi? «The Winner Takes It All!»

Que les amateurs de Revolver se rassurent toutefois, on est loin de Dancing Queen sur ce disque. Un disque d’ailleurs marqué par la présence du célèbre bassiste Pino Palladino. «On a toujours essayé de faire sonner le violoncelle comme une basse, et c’était impossible! On s’est dit qu’on allait franchir le pas sur le second album.»

Du coup, Jérémie Arcache, violoncelliste et chanteur du groupe, a pu donner une autre direction à son jeu. «Ça a permis au violoncelle de retrouver sa place de violoncelle», remarque Willaume. Et la place de Revolver, elle? Sent-il qu’elle est de plus en plus enviable? «Quand on a formé le groupe, c’était un peu un side project, répond-il. On ne pensait pas que ça allait un jour devenir notre projet tout court! Certes, tout peut arriver, mais maintenant, on est un peu addicts à la musique, et je ne crois pas qu’on arrêtera de sitôt!»

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