Mercredi soir au Centre Bell, les Red Hot Chili Peppers ont balancé hit sur hit à des fans ravis. Toujours aussi cool, les gars. C’est avec une ovation complètement démente que les amoureux des Red Hot ont accueilli la bande de Los Angeles.
Il faisait encore noir, et le drum du batteur Chad Smith, illuminé de vert, trônait au centre de la scène, telle une grosse bestiole. L’ovation a duré un peu, puis le chanteur Anthony Kiedis est entré en galopant, et les RHCP ont entamé leur set avec Monarchy of Roses, une chanson extraite de leur très réussie dernière offrande, I’m with You (2011). Ç’a aussi été la folie dès les premières notes d’Around the World, tirée de l’hyper populaire Californication (1999). Et deux accords du plus réservé guitariste Josh Klinghoffer, qui a la rude tâche de remplacer John Frusciante, ont suffi pour déclencher des hurlements sonores et stridents durant Scar Tissue.
Pétant le feu, Chad Smith a offert un solo de batterie avant Dani California, tube total de 2006. Pour ce qui est de Flea, vêtu de son éternel «pas-de-t-shirt», il a quasiment volé le show. Bassiste toujours aussi captivant à regarder, il s’est réellement donné, offrant des passes de basse torrides, en compagnie de Klinghoffer, avec lequel il semblait avoir une belle complicité musicale. Les deux se retrouvaient tantôt à genoux sur le sol, tantôt face à face, comme pris dans leur propre monde. Très sympa à voir.
Même s’ils ont sorti un nouveau disque il y a quelques mois, les généreux Red Hot n’ont vraiment pas lésiné sur les succès mercredi. On a ainsi entendu la bombe funk Can’t Stop, la «rentre-dedans» By the Way et, bien sûr, l’éternelle Under the Bridge.
Visuellement, le spectacle était à l’image du groupe. Couleurs éclatantes, images funky… On a par exemple vu une pluie de pilules se déverser pendant Californication et des vidéos fluo défiler pendant By the Way.
Acclamés comme des dieux du stade, les comparses sont revenus pour un rappel durant lequel ils se sont prêtés au jeu instrumental avant de nous offrir Suck my Kiss pour enfin finir par… Give It Away. Aurait-il pu en être autrement? Excellent.
Sleigh Bells dans la cour des grands
Devant un parterre assis sagement, les Brooklinois de Sleigh Bells ont semblé, eux aussi, un peu plus sages qu’à leur habitude. Dans le vaste antre pas encore rempli du Centre Bell, leur électro-punk paraissait même un brin décalée. «Normalement, on joue dans des clubs beaucoup plus petits que ça!» a lancé, un peu à la blague, mais pas trop, Alexis Krauss. Une chanteuse qui saute partout, à mi-chemin entre Karen O des Yeah Yeah Yeahs et Alice Glass des Crystal Castles.
Reste que, quelques succès tirés de Treats et quelques nouveaux morceaux issus de Reign of Terror plus tard, le public semblait réchauffé. Des spectateurs se sont levés. D’autres se sont mis à danser. Alexis les a remerciés avant de céder la place aux Red Hot, qu’elle a remerciés profusément. À revoir en mode plus intime.
