Qui repartira avec l’Oscar du meilleur film dimanche? On l’ignore encore mais, pour chacun des huit longs métrages en nomination, un journaliste de Métro vous explique pourquoi c’est CELUI-LÀ et pas un autre qui devrait remporter le prix le plus prestigieux de la soirée californienne. Tantôt avec passion, parfois avec une touche de mauvaise foi. Voyons qui saura vous convaincre… et quel film remportera les faveurs de l’Académie!
The Revenant
Cette histoire de vengeance n’est peut-être pas la plus originale qui soit, mais c’est l’histoire la mieux racontée, grâce à A.G. Iñárritu, magicien de la mise en scène, qui se surpasse en filmant d’impressionnants plans-séquences (magnifiquement chorégraphiés) et des paysages à couper le souffle (mais comment a-t-il fait pour tourner de ce point de vue?). Et, bien sûr, il y a Leo, dont la performance (littéralement!) à glacer le sang lui permettra (ENFIN!) de remporter un Oscar. Après les Golden Globes et les Bafta, parions que The Revenant raflera tout ce dimanche! (Marie-Lise Rousseau)
Spotlight
À ceux qui croient au destin, pensez-vous vraiment qu’un film dénommé Spotlight ne se retrouvera pas dans la lumière dimanche vers 23 h 30? À ceux qui veulent un vrai argument, une scène résume la puissance de ce long métrage: après des mois de travail acharné, le personnage de Mark Ruffalo, un des super-journalistes du Boston Globe, explose quand il apprend le report momentané de la publication de leur enquête sur un scandale de pédophilie au sein de l’Église catholique. Une minute où sont relâchées toute l’indignation et toute la frustration ressenties au sujet d’une enquête qui aura un impact partout dans le monde, avec la révélation de dizaines d’autres affaires d’abus sexuels sur des enfants. (Baptiste Barbe)
The Martian
Une équipe de chercheurs en mission sur Mars est forcée de quitter et laisser Matt Damon seul. De belles images, un bon scénario, une excellente réalisation signée Ridley Scott, on en a déjà pour notre argent. Mais ce n’est pas tout! Matt Damon, entre deux blagues, nous offre une grande leçon de persévérance. N’importe qui se serait roulé en boule jusqu’à que mort s’en suive, mais pas Matt! Il se retrousse les manches et se met au travail dans la bonne humeur. Ce n’est donc pas seulement le futur gagnant de l’Oscar, c’est aussi une thérapie par le positivisme. (Chloé Freslon)
Room
Les autres films pensent peut-être gagner parce qu’ils ont a) des effets spéciaux de la mort, b) conquis l’espace, c) un récit d’amour et d’exil léché ou d) Tom Hanks ou Leo DiCaprio (ou toute autre grosse vedette). Mais l’esbrouffe ne gagne pas toujours – espérons. Avec Room, tout repose sur la puissance de l’histoire; une histoire difficile et complexe, racontée avec simplicité – à l’opposé des histoires simples camouflées par trop d’artifices. Touchante au possible, cette production petit budget met d’ailleurs en vedette Brie Larson, candidate à la statuette de la Meilleure actrice. (Andréanne Chevalier)
Mad Max: Fury Road
En plus d’être le meilleur film d’action depuis Terminator 2, et une genre de version post apocalyptique de Mario Kart, Mad Max: Fury Road met en vedette un groupe de femmes qui, non seulement fuient la dictature de leur tortionnaire, mais lui bottent le cul. Comme récipiendaire de l’Oscar du meilleur film, avouons que ça ferait changement des drames historiques, ou des histoires mettant en vedette des hommes aux regards sérieux vêtus de trench-coat. Oups, faut pas oublier les chapeaux. Ils ont toujours des chapeaux. (Mathieu Horth-Gagné)
Brooklyn
D’abord, titillons votre fibre patriotique: Brooklyn a été tourné en grande partie à Montréal, avec plusieurs Québécois dans son équipe – Yves Bélanger (direction photo) et François Séguin (direction artistique) ont d’ailleurs fait un boulot formidable. Mais il y a plus. Premièrement, on a été éminemment touchée par cette adaptation par le réalisateur John Crowley et le scénariste Nick Hornby du roman de Colm Tóibín. Une histoire qui a su nous séduire par sa simplicité. Dans les années 1950, une jeune Irlandaise (la formidable Saoirse Ronan, qui réussit en un seul regard vert à nous faire comprendre tout un éventail d’émotions) s’embarque pour Brooklyn, loin de sa famille. Elle a le mal du pays. Puis il s’évapore quand elle rencontre un garçon (Emory Cohen, une vraie révélation). Puis elle se sent de nouveau déchirée entre sa mère-patrie et sa terre d’accueil. Pas de bons et de méchants, pas de situations toutes noires ou blanches: c’est la vraie vie au grand écran, et c’est ce qui fait que ça fonctionne, et c’est ce qui rend le film unique.
. (Jessica Émond-Ferrat)
The Big Short
Pourquoi The Big Short? Pourquoi? Vraiment? Mais PARCE QUE! (Enfile ses gants, monte sur le ring). Parce que histoire vraie. Parce que joke d’Enya. Parce que le toupet de Steve Carrell. Parce que le montage d’enfer. Parce que les dialogues shootés à la vitesse d’un solo de Slayer. Parce que Margot Robbie qui explique le terme subprime dans un bain moussant, la la la. Parce que Christian Bale qui disjoncte un brin et qui bouffe des antiacides comme des pinottes. Parce que on ne parle jamais trop des rapaces de Wall Street. Parce que… Oh? Déjà? (Fin du combat, ding ding ding). (Natalia Wysocka)
Le pont des espions
Prenez un tandem habitué à décrocher les grands honneurs: Steven Spielberg et Tom Hanks. Ajoutez une histoire vraie, une histoire de diplomatie et d’Américain au grand cœur qui fait plier l’intransigeance soviétique en pleine Guerre froide au nom de la freedom. Saupoudrez d’une bonne dose de patriotisme et brassez le tout dans une reconstitution historique de toutes les beautés: vous avez le secret d’un Oscar bien chaud m’sieurs-dames! La recette – éprouvée auprès de l’Académie – a un nom, et cette année elle s’appellera Le pont des espions. (Sébastien Tanguay)
