Débats

Gouvernance partagée

Michel Venne - Directeur général de l’institut du nouveau Monde

Il ne reste que 10 jours à la campagne électorale municipale. L’impression qui se dégage de celle de Montréal en est une de continuité. La campagne n’a pas donné lieu à des élans d’innovation et à des promesses de changement, sauf pour ce qui est de mettre fin aux pratiques répréhensibles dans la gestion des fonds publics.

On aura plus d’autobus, plus de parcs, des nouveaux quartiers répondant aux meilleures normes d’urbanisme.

Les taxes n’augmenteront pas plus que l’inflation.

Il y a lieu de croire que plusieurs maires et conseillers seront réélus dans les arrondissements, formant entre eux une opposition au maire de la Ville qui pourrait fort bien se retrouver minoritaire au conseil.

Ce serait tant mieux.

En situation minoritaire, le maire devrait revenir à l’esprit de coalition qui avait bien plu aux Montréalais après la démission de Gérald Tremblay. Le maire devrait s’assurer l’appui des autres équipes. Il pourrait d’ailleurs puiser dans leurs programmes pour améliorer le sien.

Quand on y pense, chacun apporte quelques idées intéressantes.

Il semble que nous ayons déjà une «ville intelligente», mais cette obsession de Denis Coderre pour les technologies de l’information n’est pas dénuée de fondement.

La vision écologique de la ville prônée par Richard Bergeron correspond au désir des Montréalais d’améliorer leur qualité de vie et s’inscrit dans les meilleures pratiques urbanistiques à l’échelle mondiale.

Marcel Côté a bien raison, lui aussi, de donner la priorité à la modernisation de la gouvernance de l’administration, qui est vétuste et inefficace.

Les priorités de Mélanie Joly pour le transport public sont des valeurs sûres.

Minoritaire, le maire devrait aussi se tourner vers nous, les citoyens, et construire dans la communauté des réseaux d’appui à des politiques qu’il veut mettre en œuvre. Il cherchera à créer des consensus dans la société civile pour infléchir les positions des élus.

Cela pourrait devenir intéressant. La société civile, les organisations communautaires autant que la Chambre de commerce, les organismes culturels autant que les promoteurs immobiliers, les groupes écologiques autant que les comités de citoyens, pourraient influer sur les décisions prises au conseil en animant une vie citoyenne.

Si notre prochain maire le veut, et qu’il en a le talent, il pourra mobiliser les citoyens en faveur de Montréal, puiser des idées dans la population et peut-être créer un nouveau rapport de force avec Québec et Ottawa.

Évidemment, c’est une grosse commande! Il faut pour cela tourner le dos aux édiles locaux repliés sur leurs intérêts particuliers. Il faut faire confiance. Il faut avoir le génie de la concertation.

Je me donne encore le droit de rêver.

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