lang="fr-FR" > Dans la boule de cristal des faiseurs de tendances
Inspiration

Dans la boule de cristal des faiseurs de tendances

Où les designers puisent-ils leur inspiration?

«N’importe où : un bouton, un bout de tissu, une photo», répond Judith Desjardins de Bodybag. Analyse.

Cela semble aller de soi. Mais dans l’industrie, les fabricants ont aussi accès à ce qu’on appelle des «cahiers de tendances», des outils qui analysent toutes les sphères du design pour «prédire» ce qui sera à la mode dans un an ou deux. Leurs sources? Les défilés des grands créateurs internationaux, de vrais pionniers, mais aussi l’architecture et les courants sociologiques, explique Marie Bazin, de Carlin international, un groupe basé à Paris et qui propose des cahiers de tendances chaque saison. Elle était de passage à Mont­réal il y a quelques semaines pour présenter ce qui s’en vient pour l’automne-hiver 2014-2015.

«Les marques s’inspirent des cahiers de tendances pour savoir ce qui est dans l’air du temps, souligne Marie-Ange Sabatié, designer consultante pour la griffe montréalaise Kollontaï, justement rencontrée à la dernière présentation de Carlin international. Après, il faut respecter l’essence de sa marque et rester fidèle à sa signature.»

Pour la professeure en design de mode au Collège Marie-Victorin Nathalie Roy, ces cahiers sont aussi un outil précieux en classe. «Souvent, les étudiants veulent réinventer le monde, par exemple avec un col entonnoir à la Dracula ou des manches pagode très longues, et ils s’imaginent que ça va fonctionner parce qu’il n’y en a pas sur le marché, rigole-t-elle. Les cahiers de tendances leur permettent de circonscrire leurs élans créatifs et de mettre de côté leurs goûts personnels.»

«Ça sert aussi de base aux détaillants, comme Jacob et Tristan en leur permettant de rester dans le coup, estime Mme Roy. Quand ça fait longtemps qu’on est dans le milieu, on développe une certaine intuition, mais on a parfois besoin de valider, et c’est exactement ce à quoi servent ces cahiers.»

[pullquote]

Cela dit, il n’en va pas de même pour les designers qui créent sous leur propre signature. «Ils développent un style plus intuitif parce qu’ils veulent se démarquer», continue la professeure.

«Pour faire leurs cahiers de tendances, [les bureaux de ten­dances] regardent les mêmes choses que nous, observe Judith Desjardins. Pour ma part, je n’irai pas m’inspirer de ce qui a déjà été fait. Il y a des courants et c’est sûr qu’il faut essayer de rester branché, mais il faut se demander : « Est-ce que je veux être un leader ou un follower? » L’idéal, c’est d’être un peu entre les deux.»

Il y a aussi des tendances qui naissent tout à fait par hasard. Il y a quelques années, alors qu’elle mettait la dernière main à sa collection, la designer de Bodybag a soudain eu l’idée de repêcher quelques retailles dans la poubelle pour agrémenter ses vêtements de fleurs en tissu. «Cette saison-là, étonnamment, nous étions plusieurs à avoir eu la même idée, témoigne-t-elle. Et ce n’est pas comme si nous nous étions concertés : moi, j’avais pigé dans la poubelle!»

Comme quoi rien ne vaut une bonne dose de créativité.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version