Estimant qu’il y a «du ménage à faire» dans le domaine de la chirurgie esthétique, le Collège des médecins du Québec (CMQ) a présenté mardi une série de mesures visant à assurer la qualité des services offerts à la population et un meilleur encadrement des médecins qui pratiquent ce type de chirurgie. Le CMQ espère avoir mis en place la vaste majorité de ses mesures d’ici un an.
L’une des premières mesures à être prises par le Collège des médecins concernera la création d’un répertoire des médecins qui exercent des activités dans le domaine de la chirurgie et de la médecine esthétique. «Nous avons constaté qu’il n’existe aucune donnée fiable concernant le nombre de médecins qui travaillent dans le domaine de la chirurgie esthétique, a expliqué le Dr Yves Lamontagne, président-directeur général du CMQ. Nous devons savoir qui fait quoi, quels sont leurs domaines de spécialisation, combien d’interventions ils font et si des plaintes sont portées contre eux.»
La formation de ces médecins a également été remise en cause dans le rapport final du groupe de travail sur la médecine et la chirurgie esthétique du Collège des médecins. Celle-ci serait trop souvent offerte par des fournisseurs de produits ou d’appareils à l’occasion de sessions de formation intensive, alors qu’elle devrait être offerte par des médecins spécialistes.
Puisque les formations ne sont pas données par des médecins, elles sont difficiles à standardiser et à valider», a indiqué le Dr Yves Robert, secrétaire du Collège des médecins. Le Collège des médecins espère que ses efforts, alliés aux mesures législatives mises en place le 1er avril, sauront permettre une meilleure compréhension des bénéfices et des risques.
«Nous avons l’impression, avec la chirurgie esthétique, que des médecins vendent du rêve, a ajouté le Dr Robert. Mais les gens doivent connaître la différence entre le rêve et la réalité.»
Déjà des critiques
L’Association des spécialistes en chirurgie plastique et esthétique du Québec (ASCPEQ) n’a pas tardé à critiquer le plan du Collège des médecins. «Le Collège reconnaît que certaines choses doivent être corrigées, mais celles-ci ne le seront pas avec leurs propositions, a estimé le Dr Gilles Beauregard, président de l’ASCEPQ. Nous nous serions attendus à une recommandation qui dise que seuls ceux qui sont formés en chirurgie peuvent faire des chirurgies esthétiques.»