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Le coût des médicaments pourrait croître

Les Québécois pourraient devoir dépenser plus pour leur assurance médicaments ou leur assurance collective si le gouvernement fédéral accepte les deman­des faites par l’Union européenne (UE) dans le cadre des négociations pour un accord de libre-échange.

L’Association canadienne du médicament générique (ACMG) a publié hier une étude qui conclut que «les changements demandés par l’UE au régime canadien de propriété intellectuelle pour les entreprises pharmaceutiques augmenteraient de près de 2,8 G$ par an le coût des médicaments d’ordonnance au Canada.» Ces coûts s’expliquent principalement par le prolongement souhaité par l’UE de la période au cours de laquelle seuls les médicaments de marque peuvent être vendus au Canada. L’arrivée sur le marché des médicaments génériques, vendus à une fraction du prix des médicaments de marque, pourrait ainsi être retardée de trois ans et demi en moyenne.

Forcés d’acheter les médicaments de marque, les Québécois, qui privilégient les médicaments génériques pour remplir 53 % de leurs prescriptions, devraient dé­pen­ser 785 M$ de plus par année. «Les propositions de l’UE auraient simplement pour effet d’augmenter les profits des compagnies pharmaceutiques de marque aux dépens du système de santé canadien», a déclaré le président de l’ACMG, Jim Keon.

Selon les chercheurs, l’UE a intérêt à avantager les sociétés pharmaceutiques puisque les sièges sociaux de plusieurs d’entre elles sont situés sur son territoire. L’UE estime qu’en retour, les compagnies pharmaceutiques seront plus enclines à investir dans la recherche et le développement de nouveaux traitements.

Les auteurs de l’étude ont toutefois conclu que pour chaque dollar additionnel investi en recherche et développement, les Canadiens devraient payer 8 $ de plus pour leurs médicaments. «Il faut que le ministre du Commerce international, Peter Van Loan, fasse part à l’UE de l’effet négatif que leurs demandes pourraient avoir sur le Canada et sur le Québec», a estimé le directeur exécutif pour le Québec de l’ACMG, Yves Dupré.

Le ministre Van Loan a assuré qu’il veillerait sur les intérêts du Canada dans ses négociations avec l’UE. «Nous voulons un accord qui permettra de créer des emplois et qui assurera la prospérité économique des Canadiens», a-t-il affirmé, dans un échange de courriel avec Métro.

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