Une toiture qui fuit, une façade à rénover, le déneigement d’une cour ou d’un escalier, l’entretien quotidien d’un lieu d’habitation… Voilà les opérations auxquelles doivent voir tous les jours les propriétaires d’un logement.
L’ampleur de la tâche revêt une autre dimension lorsqu’il s’agit d’une copropriété. La problématique est suffisamment complexe pour qu’un forum dédié au sujet ait eu lieu à Montréal la semaine dernière dans le cadre du Salon de la copropriété et de l’immobilier.
Hausse des conflits
La gestion de copropriété au Québec est aujourd’hui en pleine expansion. «Soixante-dix pour cent des copropriétaires ont acheté leur condo depuis moins de 10 ans et, aujourd’hui, on constate une croissance des conflits entre eux», explique Yves Joli-CÅ“ur, avocat spécialisé dans le droit au logement. L’autogestion de l’immeuble par ses habitants est la chose la plus fréquente dans la province.
Souvent, par souci d’économie, les copropriétaires n’entretiennent pas bien leur immeuble et ne font pas de projection dans le temps des travaux qu’il y aura à effectuer sur le bâtiment. «La hantise des copropriétaires est la cotisation spéciale, qui sert le plus souvent à réparer une infiltration d’eau causée par un manque d’entretien», précise Hélène Woods, administratrice agréée du Québec et gestionnaire en copropriété. Et quand cela arrive, la chicane n’est jamais loin.
Hélène Woods explique les raisons de ces difficultés : «Aujourd’hui, au Québec, toutes les personnes qui veulent être gestionnaire de copropriété peuvent l’être. Le problème, c’est qu’elles sont souvent incompétentes.»
Le droit à la copropriété n’a que 20 ans dans la province et souffre de son inexpérience. «La profession n’est pas suffisamment encadrée à la différence de la France», précise Yves Joli-CÅ“ur.
L’exemple français
Le forum, organisé au Palais des congrès, avait justement pour but de comparer la gestion française de la copropriété au système québécois. Cela dans le prolongement du Sommet de la Francophonie, qui s’est déroulé du 17 au 19 octobre à Québec.
Hugues Devaux, dirigeant du cabinet Devaux Sarl en France, administrateur de biens et syndic de copropriété professionnel, ne souhaite pas opposer «l’autogestion et un syndic professionnel, car les deux sont régis par la même loi. Par contre, en France, il est beaucoup plus courant de voir un immeuble géré par un syndic professionnel. Le syndicat de copropriétaires aura cependant la main mise sur le syndic.
Par ailleurs, la législation française «réglemente trop la profession», d’après Hugues Devaux, sans distinguer là aussi les professionnels des bénévoles.