Les personnes intéressées à acquérir une nouvelle propriété ont souvent une bonne idée de ce qu’elles feront de leurs dimanches après-midi : participer aux visites libres. Pourtant si cette approche est pratiquée par plusieurs agents immobiliers, d’autres ne voient pas l’utilité d’y avoir recours.
«Personnellement, je ne suis pas la spécialiste des visites libres», avoue Chantal White, courtière en immobilier pour Les immeubles Chantal White, qui croit que les visites libres attirent davantage de curieux que d’acheteurs potentiels. J’ai conclu une seule transaction grâce à une visite libre en six ans et demi.»
Alors que Mme White préfère de loin planifier des rencontres avec les visiteurs intéressés, Michelle Amiot, qui travaille comme agente immobilière chez Royal Lepage Dynastie, sur le territoire montréalais, n’a que de bons mots pour cette pratique courante.
«L’idée, quand on veut vendre une maison, c’est d’en parler, de la faire voir, dit-elle. Je crois que tous les moyens sont bons pour y arriver.»
Un moyen de se faire de l’argent et des clients
Chantal Daigneault, qui magasine un duplex depuis maintenant un an, a été surprise de la pression suscitée par certaines formes de visites.
Ainsi, durant une journée donnée, les acheteurs visitent la maison et doivent soumettre leur offre, en sachant qu’ils ne seront pas les seuls à le faire.
«Pour nous les acheteurs, c’est sûr que ça met beaucoup de pression, d’une part parce qu’on ne fait jamais d’offres en dessous de la valeur de la maison, de peur qu’elles soient refusées», dit-elle, convaincue qu’il s’agit d’une stratégie de la part des agents pour vendre plus rapidement et à prix plus élevé.
De son côté, Mme White croit que certains agents ont recours à cette pratique pour accroître leur clientèle, parce qu’ils rencontrent des acheteurs durant les visites libres.
Mais Mme Amiot apporte une nuance. «Oui, c’est une façon de rencontrer de nouveaux clients, explique-t-elle, mais ce n’est pas le but premier de l’affaire. On organise des visites dans le but de vendre la propriété.» C’est donc un outil de vente parmi d’autres.
Selon l’Association des courtiers et agents immobiliers du Québec, une visite libre aurait pour but de permettre au plus grand nombre d’acheteurs possible de visiter une propriété.
Les visites libres se tiennent généralement les dimanches après-midi, de 14 h à 16 h, ou selon le consentement du vendeur.