En 1906, Sir Mortimer Barnett Davis posait la dernière brique de l’imposante usine d’Imperial Tobacco, sur la rue Saint-Antoine Ouest, dans Saint-Henri. Mort en 1928, il n’a pas été témoin du déménagement des activités de l’usine au Mexique en 2003, en raison de l’augmentation des coûts de main-d’Å“uvre. Il ne se serait sans doute jamais imaginé non plus qu’elle deviendrait, 100 ans plus tard, l’un des plus grands projets de reconversion à Montréal.
Aujourd’hui, le site accueille le chantier d’un projet immobilier important, les Lofts Impérial. Son nom l’indique : il ne comporte pratiquement que des lofts, tous urbains et branchés, comme la clientèle qu’il vise. «On a énormément de premiers acheteurs, explique Philippe Vincent, responsable du projet. On a des gens de 20 à 60 ans, mais on vise surtout les jeunes professionnels urbains.»
Après cinq premières phases, le promoteur voit encore grand. Le but : créer 500 unités en 8 phases.
Beau, bon, pas trop cher et vert, le projet vise à devenir la demeure idéale des jeunes travailleurs de Montréal qui souhaitent créer des liens avec leurs voisins. Tout a d’ailleurs été pensé pour leur offrir la possibilité de vivre la vie urbaine et branchée dans leur domicile.
Lorsque Métro visite le projet, il est 18 h. Des jeunes, surtout, terminent leur journée en se faisant bronzer sur le bord de la piscine, alors que d’autres jouent une partie de billard. «Il y a vraiment un esprit de communauté qui s’installe ici», explique
M. Vincent, lui-même propriétaire d’une unité de la phase III, qui prévoit d’autres moments forts d’échanges lorsque la salle d’entraînement et le studio de yoga seront aménagés.
Unités exiguës
Si les services communautaires sur place offrent une vie active aux copropriétaires, reste qu’ils sont essentiels et aident à oublier à quel point les unités sont exiguës. Dans les plus petites, on se sent rapidement coincé dans les quelque 500 pi2, malgré des plafonds de 13 pi de haut. Idéale pour une personne seule? Pas tout à fait mais avec un comptoir de cuisine qui sert aussi de table à manger, difficile de recevoir de nombreux invités.
Heureusement, la préservation des grandes fenêtres d’origine leur permettra de se sentir un peu moins à l’étroit.
L’Impérial porte en ses murs une histoire vieille de 100 ans. Et grâce aux plafonds, qu’on a laissés dans le béton d’origine, et aux imposantes colonnes qui soutenaient l’imposante fabrique, on a réussi à intégrer au design des rappels historiques intéressants. Partout dans les aires communes, on a installé de vieilles photos rappelant la vie d’antan sur les murs. Un détail significatif qui préserve une belle dimension historique.
Somme toute, le projet est impressionnant. L’idée des chalets urbains aménagés sur le toit est bonne. Idéal pour les jeunes extravertis qui aiment rencontrer des gens, le projet favorise la cohésion des groupes.
Lancé en 2006, le gagnant du Domus 2009 pour le projet de l’année livrera les dernières unités au cours de l’été 2010.