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Démocratiser le design

Il y a quelques jours, Mélissa Mongiat et Mouna Andraos ont reçu la bourse Phyllis-Lambert
Design Montréal, de 10 000 $, décernée annuellement par la Ville de Montréal. Provenant des domaines du design interactif et des environnements narratifs, les deux jeunes créatrices montréalaises ont charmé les juges du concours par leur idée de faire interagir les passants avec les installations urbaines afin de démocratiser le design. La bourse permettra aux deux designers de s’envoler pour Berlin, Ville UNESCO de design, pour effectuer de la recherche et du développement de projet au Open Design City Lab.

Que représente pour vous la bourse Phyllis Lambert?
Mélissa Mongiat :
Nous commençons à faire notre place dans le milieu, et cette bourse nous donne la chance d’avoir des ressources pour avancer.
Mouna Andraos : Ça nous donne la chance d’aller à la rencontre d’autres publics, de développer d’autres collaborations et d’avoir le luxe de faire de la recherche.

Durant votre séjour à Berlin, vous voulez créer une série de prototypes urbains qui encouragent les échanges et les communications entre les gens de la rue. Pourquoi vous intéressez-vous à ce sujet?
M. M. :
Nous sommes convaincues que le milieu urbain peut faire une différence significative sur la vie des gens.
M. A. : Le contexte urbain définit beaucoup nos relations sociales, et même notre identité. Avec nos créations, nous allons donc à la rencontre des gens dans l’espace public pour créer des occasions d’interactions.
M. M. : On veut donner un certain pouvoir aux gens sur leur espace public et un sentiment d’appartenance.

Pouvez-vous nous donner quel­ques exemples de projets qui stimulent l’interaction entre le mobilier urbain et les gens?
M.A. :
Pour Mutek, par exemple, on a réalisé un projet qui impliquait le public. Les gens étaient invités à créer ensemble une trame musicale électro­nique par l’intermédiaire d’un jeu musical géant qui était projeté sur un mur extérieur. Avec leur cellulaire, ils pouvaient ajouter une note à la mélodie. Le temps de l’événe­ment, cela rendu accessible au public la création de musique électronique.

Interagissons-nous suffisamment avec notre environnement?
M.M. :
De plus en plus, mais pas énormé­ment. Les gens ont le sentiment que ce n’est pas per­mis, et ils subissent plus leur environnement qu’autre chose.
M.A. : L’espace urbain a globalement été pensé suivant un point de vue fonctionnel, pour le
transport et avec ses tours robustes. Il faut se réapproprier notre ville, y ramener un aspect plus humain.

Qu’est-ce qui fait de Montréal une Ville Unesco du design?
M. M. : Principalement son grand potentiel et sa quantité de créateurs.
M. A. :
Ce titre suscite plein d’initiatives, de réflexions et de débats sur ce qu’on est et ce qu’on veut comme ville. Le design est un élément important de la culture et c’est impossible pour le public de s’approprier le titre de Ville Unesco du design sans soutenir ses créateurs.

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