Approuvé ce mois-ci par l’Agence canadienne d’inspection des aliments, une sorte de maïs génétiquement modifié suscite les craintes du Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB) et le Réseau québécois sur les OGM (RQcOGM).
Le maïs en question, baptisé SmartStax, contient huit gènes. Conçu pour nourrir des animaux et entrer dans la production d’aliments tels que des céréales, du sirop de maïs et des boissons gazeuses, le SmartStax devrait être planté l’année prochaine.
Le RCAB et le RQcOGM ont critiqué hier l’inaction de Santé Canada, qui n’a pas jugé bon, selon eux, d’examiner le maïs.
«Santé Canada a déjà étudié séparément les huit gènes que contient le maïs, a expliqué à Métro Lucy Sharratt, du RCAB. Les experts ont donc jugé qu’ils n’avaient pas besoin de regarder le SmartStax. Mais c’est insensé puisque les gènes mis ensemble ne réagissent pas nécessairement de la même façon que lorsqu’ils sont isolés.»
Mme Sharratt a dit craindre que le maïs génétiquement modifié ait des effets inattendus sur la santé des Canadiens en créant, entre autres, de nouvelles allergies.
Règles contradictoires
Le RCAB et le RQcOGM ont déploré le fait que les règles appliquées par Santé Canada contredisent le Codex Alimentarius, un organe des Nations unies reconnu par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Selon le Codex, le SmartStax aurait dû subir des évaluations de salubrité
spécifique, comme cela est de mise pour tous les aliments dérivés de plantes à ADN recombiné.
«Le problème fondamental, au Canada, c’est que les règlements ne reconnaissent pas la complexité de la science biogénétique, a indiqué Lucy Sharratt. Santé Canada ne tient pas compte du fait que les combinaisons de gènes sont complexes et uniques.»
Au moment de mettre sous presse, Santé Canada n’avait pas précisé sa position dans le dossier.