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Un dixième des femmes auraient des épisodes de gloutonnerie incontrôlée

Plus de 10 % des femmes de 20 à 40 ans souffriraient d’au
moins un épisode mensuel de gloutonnerie effrénée, suggère une étude
réalisée à Montréal par la professeure Lise Gauvin, du département de
médecine sociale et préventive de l’Uni­versité de Montréal. Ce com­portement alimentaire déviant peu documenté se caractérise par
une con­sommation excessive de nourriture, accompagnée d’un sentiment
de perte de con­trôle.

Qu’est-ce que vos recherches sur la fréquence des épisodes de gloutonnerie incontrôlée vous ont permis de découvrir?
Nous avons établi deux critères et les avons observés de façon
indépendante. Le premier concernait des femmes qui connaissaient des
épisodes de gloutonnerie six jours ou plus par mois, ou qui avaient eu
huit épisodes en un mois. Une fois les résultats rapportés à l’ensemble
de la population, elles représenteraient une proportion de 4,1 %. Le
deuxième critère s’appliquait à des femmes souffrant de ces épisodes
d’un à cinq jours par mois, ou qui avaient eu d’un à sept épisodes en
un mois. Cette fois, c’était plus prévalent. Les résultats étaient de
13,8 % pour l’ensemble de la population.

Une proportion de ces femmes avait ensuite tenté de contrôler son poids en se faisant vomir, ou en utilisant des laxatifs ou des diurétiques.
Dans ce cas, on avait aussi séparé les femmes selon deux critères :
celles qui avaient connu huit épisodes durant le mois précédent et
celles qui en avaient connu entre un et sept. Dans la première catégorie, 1,1 % des femmes se s’étaient livrées à ces
pratiques dans le mois précédant l’étude, et dans la deuxième
catégorie, la proportion était de 2,2 %.

Est-ce que ces femmes étaient aux prises avec un sentiment de culpabilité?
Nous n’avons pas posé cette question dans le cadre de l’enquête.
Toutefois, il y a d’autres études qui suggèrent qu’une certaine
détresse est manifestée après les épisodes de goinfrerie parce que les
femmes ne sont pas fières d’elles-mêmes lorsque ça se produit.

Ce phénomène de gloutonnerie effrénée accompagné d’une perte de contrôle existe-t-il aussi chez les hommes?
Les troubles alimentaires sont surtout présents chez les femmes : le
ratio est à peu près de 10 femmes pour 1 homme. Je pense qu’il y a lieu
de s’intéresser à la question de l’image corporelle chez les hommes.
Pour eux, ce n’est pas la minceur qui est valorisée – bien qu’elle le
soit de plus en plus – mais la musculature. Ça vaudrait la peine
d’observer leur consommation de produits pour augmenter la musculature.

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