Ahuntsic-Cartierville

Agriculture urbaine : une ferme sur le bord du trottoir

Réal Migneault, agriculteur ubrain devant sa ferme de rue

Réal Migneault, résident d’Ahuntsic, a réussi le pari de transformer le jardin devant sa demeure en véritable ferme urbaine.

Un résident d’Ahuntsic a réussi le pari de développer en ville une micro ferme sur le terrain devant sa maison. Il concrétise ainsi  un grand principe de l’agriculture urbaine. Ses tomates, concombres, choux, courges, ail et petits fruits sont bio. Ils sont disponibles pour le public à des prix très abordables.

Depuis une dizaine d’années, Réal Migneault cultive dans son jardin quasiment tout ce qu’il consomme. Au moment où on plaide pour le développement de l’agriculture urbaine, il a eu l’idée cette année de vendre ce qu’il produit en créant la ferme de rue. «C’est une agriculture bio, intensive, inspirée de la permaculture», souligne-t-il.

Au départ, il a voulu planter des légumes et des fruits au lieu d’entretenir du gazon. «Il y avait de la pelouse devant la maison. C’était jaune, ce n’était pas beau.»

Toutefois, le pari est audacieux parce que M. Migneault est locataire. «Mon propriétaire a été compréhensif pour autant que je m’occupe du terrain.»

Pour compléter le décor bucolique situé à l’angle des rues Saint-Denis et Prieur, M. Migneault a planté une dizaine de rosiers et 25 espèces de fleurs différentes offrent de la couleur à ce coin de verdure inattendu. Photo : Amine Esseghir/Courrier Ahuntsic

Sens du partage

Il produit assez pour transformer ses fruits et légumes et en disposer toute l’année. «Je déshydrate, je fais des potages de bette à carde ou de courge, je prépare des fonds de légumes», décrit-il.

Il a quatre enfants qui aujourd’hui sont grands et sont partis. «Il faut bien que quelqu’un consomme tout cela», convient-il.

Dans sa «ferme», il propose depuis juillet de la bette à carde, du kale, des fines herbes auxquels se sont ajoutés les courges, les concombres et le haricot royal. Il cultive une trentaine de variétés de légumes, des petits fruits comme les mûres, les framboises et les cerises de terre. «Je possède au moins 35 plants de tomates, dont des espèces ancestrales», relève-t-il.

Pour compléter le décor bucolique situé à l’angle des rues Saint-Denis et Prieur, une dizaine de rosiers et 25 espèces de fleurs différentes offrent de la couleur à ce coin de verdure inattendu.

Il fabrique également son compost. Il combine aussi les plantes pour qu’elles puissent se développer harmonieusement.

Potentialités

«Les gens sont nombreux à souhaiter transformer les pelouses devant leurs maisons en jardin agricole.» Real Migneault est le magicien qui a fait de ce désir une réalité. «Je montre que c’est possible», soutient-il.

À terme, il veut créer une ferme urbaine de plus grande envergure. Cette exploitation agricole serait développée sur des terrains que les gens n’utilisent pas. Cela se ferait en association avec d’autres résidents du coin ou en cultivant des espaces qui appartiennent à des institutions.

«L’objectif, c’est d’avoir de l’agriculture urbaine avec une approche ultra locale, martèle-t-il. Mes légumes ne parcourent pas un kilomètre pour se rendre au consommateur. Je coupe le produit sur le plant. On ne peut pas avoir plus frais.»

Il admet que ce n’est pas tout le monde qui peut lancer une exploitation de ce genre. «Il faut être passionné», reconnait-il. Cette contribution avec un terrain permettrait un partage des récoltes et s’assurer une devanture des propriétés plus belle qu’une banale pelouse.

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