Pour Isabelle Lukawecki, propriétaire et directrice de la résidence des Jardins d’Élysée sur l’avenue Papineau, le troisième âge représente une étape de vie très importante, mais souvent négligée. «En raison du bagage d’expérience des aînés, on a tendance à oublier qu’ils sont vulnérables», plaide-t-elle. Les aînés manifestent leur crainte de vieillir en rejetant ceux qui sont différents ou malades.
C’est aussi ce que croit Joël Gomez, directeur général de la Villa Raimbault dans Cartierville. «Parmi les facteurs d’isolement et d’exclusion, il faut parler d’âgisme. Les personnes les plus dures envers les personnes âgées, c’est d’autres personnes âgées», dit-il. C’est comme s’ils jugeaient l’état de santé des autres en faisant abstraction de leur propre âge et de leur condition.
Pour M. Gomez, les raisons d’être exclu dans une résidence sont multiples, tout comme les raisons pour lesquelles certains vont s’exclure du groupe. «Les problèmes de santé, mentale, la perte d’autonomie et l’origine ethnique sont parmi les facteurs les plus communs entrainant l’exclusion. C’est une vraie garderie! Les commentaires ne volent pas toujours très haut», commente-t-il. Même son de cloche du côté des Jardins d’Élysée: «J’ai une clientèle majoritairement de femmes, alors il y a beaucoup de commérage et de rumeurs», ajoute Mme Lukawecki.
Un milieu de vie en commun
«En même temps, les résidents ne peuvent pas être isolés complètement. Les diners sont pris en commun dans la salle à manger alors ce n’est évidemment pas la même réalité qu’une personne âgée confinée à un petit appartement», rappelle M. Gomez.
C’est un avis que partage Mme Lukawecki. «Nous avons des activités qui rejoignent tous les types d’intérêts, mais même si quelqu’un ne se mêle pas au groupe, les horaires fixes de repas et de lessive assurent un minimum de contacts», estime-t-elle.
Même si certains résidents bénéficient de visites fréquentes de leur entourage, il faut cependant plus pour assurer un certain réseau social aux aînés. «Le système actuel s’appuie en grande partie sur les aidants naturels pour accompagner les personnes âgées. Toutefois, ceux-ci sont souvent épuisés et ne peuvent pas répondre adéquatement à tous les besoins des aînés. C’est déplorable», tranche Isabelle Lukawecki qui refuse de considérer les résidences comme des mourroirs.