Harout Chitilian, le conseiller de ville pour le district Bordeaux-Cartierville, était irrité lors du dernier conseil d’arrondissement. «Cela n’a aucun sens que dans une ville qui se veut du 21e siècle, dans un quartier résidentiel, que les gens circulent encore sur l’accotement de la rue», avait-il dit.
Le Courrier s’est rendu sur place pour s’enquérir de la situation. Le tronçon semble dédié aux seules automobiles. Le souffle du vent relatif, créé par le passage des véhicules, donne cette terrible impression de marcher sur la voie de circulation. Le bois qui borde la route augmente la sensation qu’on éprouverait en parcourant un chemin forestier. Pourtant, ce tronçon de boulevard relie deux pâtés de maisons importants et longe le collège sainte-Marceline. Les piétons qui s’aventurent dans les parages sont tenus de faire très attention sur un boulevard emprunté, aux heures de pointe, par de nombreux véhicules. C’est une voie de transit très appréciée. Les autos passent relativement vite. Par temps de neige, il faut marcher carrément sur la chaussée. Cette partie du boulevard Gouin fait également partie de l’ambitieux projet d’aménagement des berges de la rivière des Prairies.
Irritation
Harout Chitilian a demandé la construction d’un trottoir dans ce secteur du boulevard Gouin, trois années successivement. «Depuis 2009, on mise à Bordeaux-Cartierville sur une stratégie intégrée et concertée afin de sécuriser le quartier pour les piétons et favoriser l’accessibilité du domaine public local», explique-t-il. «Cette stratégie mise sur trois axes importants : la mise en place de mesures de mitigation et prévention, la modification graduelle de l’aménagement urbain et l’application rigoureuse du code de sécurité routière», justifie-t-il. «Ces axes sont portés par trois acteurs de grande importance : la mobilisation citoyenne à travers notre comité de circulation locale, le poste de quartier 10 et les autorités municipales», décrit-il.
Résultats
Est-ce que rien n’a été fait jusque-là ? «On a posé plus de 40 gestes durant les trois dernières années», rétorque-t-il.
«Je suis extrêmement fier du chemin parcouru et les chiffres nous le démontrent, mais il y a encore des progrès énormes à faire pour redonner la priorité à nos piétons et restaurer le sentiment de sécurité», prévient-il.
Au PDQ 10, on a dénombré 30 accidents en 2010, 31 en 2011 et 26 en 2012, impliquant des piétons. On précise qu’il n’y a pas de concentration d’accident dans une portion déterminée de rue ou une intersection précise sur l’ensemble du quartier.
Cela n’a pas empêché le poste de police de mener en 2012, 22 opérations concernant les piétons et 8 à l’attention des cyclistes. Des opérations pour informer et sensibiliser avec distribution de dépliants et de tickets de courtoisie. Toutefois, on n’exclut pas de sévir cette année, en distribuant des amendes aux contrevenants.
Ce qui inquiète plus le PDQ 10, ce sont les intersections où on recense des accidents impliquant les automobiles, Acadie/Henri-Bourassa, Henri-Bourassa/Bois-de-Boulogne, Salaberry/Potrincourt et Ranger/Gouin.
«Il faut repenser notre aménagement public pour favoriser l’usage des transports actifs, mais ultimement de doter notre région de moyens de transports collectifs efficaces et fiables, pour éliminer la dépendance à la voiture», conclut Harout Chitilian.