Ahuntsic-Cartierville

Des projets immobiliers comme celui proposé par le promoteur Musto, inquiètent les citoyens. En tant que député de Crémazie, comment envisageriez-vous les enjeux de densification et d’embourgeoisement de l'arrondissement?

La rédaction adressera chaque semaine une question aux candidats des quatre principales formations politiques de la présente campagne électorale. Nous publierons leurs réponses dans nos pages. La troisième question était la suivante: Des projets immobiliers comme celui proposé par le promoteur Musto, inquiètent les citoyens. En tant que député de Crémazie, comment envisageriez-vous les enjeux de densification et d’embourgeoisement de l’arrondissement?

André Frappier, Québec solidaire

Le premier problème avec un tel projet est que les citoyen.ne.s sont peu consulté-e-s. Le Comité de citoyens pour un développement équilibré d’Ahuntsic ouest déplore le fait qu’il n’y ait eu que trois semaines données aux citoyens pour évaluer et se prononcer sur un projet qui constitue, en fait, le début d’une toute nouvelle trame urbaine dans Ahuntsic.

La solution ne passe pas par la concentration de tours de 8 à 12 étages qui augmente de façon importante la densité de la population mais par des projets diversifiés qui permettent d’intégrer de nouveaux logements dans l’environnement existant. Les coopératives et les OSBL permettent ainsi de créer un milieu de vie qui favorise les rapports sociaux et l’entraide. Suite aux recommandations du Rapport de recherche réalisé pour le Comité de développement du logement social Ahuntsic-Cartierville nous proposons d’utiliser les propriétés publiques pour construire des logements sociaux.

À l’échelle de Montréal, Québec solidaire propose la construction de 22 500 logements. Dans l’arrondissement Ahuntsic 11 355 ménages locataires à faible revenu ont des besoins en logement social. Même si nous vivons dans un secteur avec un grand nombre d’unités de logement social, ces besoins sont loin d’être tous comblés. Ahuntsic-Cartierville est au troisième rang des zones de la CMM ayant un nombre élevé de ménages en situation de surpeuplement avec un faible revenu, ceux-ci étant au nombre de 1 450.

Pour nous le logement social est une priorité, qui permet de lutter contre la pauvreté tout en favorisant de meilleurs rapports sociaux.

Eleni Bakopanos, Parti libéral du Québec

Pour tout projet immobilier d’envergure, les élus doivent être à l’écoute des citoyens. L’Office de consultation publique de Montréal est un bon exemple de forum pour partager ses préoccupations.

Compte tenu que les projets de construction sont règlementés par les municipalités, les élus provinciaux ne doivent agir qu’en partenariat avec les élus municipaux et fédéraux. À cette fin, le redémarrage d’une table des élus est important. La revalorisation des milieux urbains est un objectif louable. Toutefois, avec la modernisation et la rénovation des logements viennent certains effets indésirables, tels que l’exode des populations moins nanties et l’augmentation du prix des logements; c’est la gentrification. Nous soutenons l’implantation de stratégies d’inclusion de logement abordables au sein des nouveaux projets résidentiels pour contrer ce phénomène. Ainsi, nous pourrons créer des milieux de vie mixtes ou il y a une place pour tout le monde.

Pour les logements en périphérie de ces projets, nous réitérons l’importance de la Régie du logement dans le contrôle de l’augmentation de loyer. Je vois dans la densification urbaine un mal nécessaire pour freiner l’étalement urbain. Pour assurer le bien-être des citoyens de Crémazie dans une métropole de plus en plus dense, je soutiens le développement de notre système de transport en commun, des pistes cyclables et des espaces verts.

Sur la période 2011-2016, il est prévu des investissements de 2,9 milliards de dollars au Québec dans ce secteur, dont un large montant dans la région métropolitaine. Un prochain gouvernement libéral poursuivra sa collaboration avec les élus municipaux.

Carla El-Ghandour, Coalition avenir Québec

Afin de diminuer les bouchons de circulation sur les routes de la région métropolitaine et, ce faisant, réduire les émanations de gaz à effet de serre, la Coalition Avenir Québec privilégie le transport collectif. Mais le succès de la démarche dépend en grande partie de l’aisance avec laquelle les citoyens peuvent y avoir accès.

« Un gouvernement de la Coalition ajoutera de nouveaux stationnements incitatifs dans son réseau aux abords des gares et des stations de métro. Cela devrait avoir un impact sur la congestion causée par l’étalement urbain. Mais dans les centres urbains, nous allons encourager les municipalités à adopter des plans de développement et des règles d’urbanisme visant la création de quartier à plus grande densité autour de pôles identifiés de transport collectif », énonce Carla El-Ghandour, candidate de l’Équipe François Legault dans Crémazie.

La candidate souligne que le projet Musto en est un du type que favorise la Coalition, sis non loin de la nouvelle gare de train. Mais les contestions des citoyens démontrent à quel point de tels concepts doivent être bien expliqués et fassent l’objet d’une acceptation populaire.

Bien que le site s’y prête à merveille, Carla El-Ghandour croit qu’un projet repensé, avec une densité moindre, pourrait faire consensus au sein de la collectivité de Crémazie et plus spécifiquement du secteur Ahuntsic: « Il ne faut pas négliger toutes les idées et les concepts augmentant l’utilisation du transport collectif afin de réduire la congestion routière et la pollution. »

Diane De Courcy, Party québécois

Le développement urbain, autant résidentiel que commercial, doit impérativement se faire en fonction des intérêts de la communauté.

Pour ce faire, nous devons être à l’écoute des acteurs importants du quartier afin, qu’ensemble, nous dégagions des consensus autour de la construction de projets immobiliers pour qu’ils répondent adéquatement aux besoins des citoyens.

Je parle ici d’un projet de quartier à visage humain qui permettrait à tous les gens de Crémazie d’évoluer dans un environnement paisible où il fait bon vivre.

La priorité en matière de logement doit être consacrée à la construction d’unités adaptées à la réalité de nos familles qui nécessitent un espace adéquat pour leurs enfants afin de leur permettre d’élever une famille dans Crémazie, à la réalité des aînés qui ont besoin d’accessibilité et à la réalité des plus démunis en relançant la construction de logements sociaux.

En ce sens, les municipalités doivent avoir les outils nécessaires pour promouvoir le développement de logements répondant aux priorités de la communauté. Par exemple, le Parti Québécois propose, pour les promoteurs qui ne prévoient pas une part réservée aux logements sociaux dans leurs projets immobiliers d’envergure, une obligation légale de contribuer à un fonds de financement du logement social et coopératif.

Nous devons finalement demeurer vigilants afin que les processus de consultation et d’approbation liés au développement de nouveaux projets immobiliers sollicitent la participation de toute la population et de toutes les communautés touchées et concernées par ces projets.

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