Après une brève introduction, les candidats devaient répondre à quatre différentes questions, rédigées par l’AGECA et distribuées à l’avance aux candidats. La formule ne prévoyait pas d’interactions directes entre les participants et visait davantage à faire connaître les plateformes des partis à la cinquantaine d’étudiants présents dans la salle. Les questions concernaient 1) la gestion des établissements d’enseignement postsecondaire, 2) le travail des jeunes, 3) la protection de la langue française et 4) la gestion des ressources naturelles, dont notamment l’eau, sujet important au Collège Ahuntsic, le cégep ayant interdit la vente d’eau embouteillée en son enceinte. Finalement l’exercice s’est conclu par une longue période de questions du public.
Les candidats des trois partis souverainistes (PQ, ON et QS) ont su parler directement aux étudiants en adaptant leurs discours aux enjeux qui touchent directement la jeunesse. Pas de langue de bois donc venant de Mme De Courcy, M. Frappier et de M. Lauzière-Fillion qui est aussi vice-président de la formation dirigée par Jean-Martin Aussant. Du côté de Mme El-Ghandour, elle n’utilisait qu’une maigre proportion de son temps de parole en plus d’inviter l’assistance à plusieurs reprises à aller consulter le programme de la Coalition comprenant 94 engagements. Quant à Yves Laporte, représentant des Verts, il se prononça sur tous les enjeux évoqués durant le débat, mais parfois avec imprécision: « au Portugal, ils parlent espagnol », a-t-il affirmé alors qu’il réfléchissait à la protection de la langue.
Le thème central
Les candidats ont pu élaborer longuement leur position sur l’éducation, les deux premières questions qui leur étaient dirigées ayant ce thème en corollaire. Pour le syndicaliste André Frappier, il est important de réduire le fardeau financier des jeunes qui en plus d’étudier à temps plein doivent travailler et s’endetter. Alors que la CAQ prévoit bonifier le régime de prêts et bourses, Yanek Lauzière-Fillion (ON) voit plutôt la gratuité scolaire comme le meilleur moyen d’alléger la pression monétaire des étudiants et comme la seule solution efficace pour reconsidérer les études comme un investissement de société.
La formule du débat a permis aux participants d’éclaircir les notions plus abstraites de leurs plateformes par exemple le référendum d’initiative populaire du PQ que Diane De Courcy a résumé, ou encore la gratuité scolaire balisée chère à Option nationale et dont les contours ont été brossés par M. Lauzière-Fillion.
Devant une foule qui affichait ses couleurs, les candidats ont tous salué le courage des étudiants « eux qui se mobilisent depuis plus de six mois pour une idée de l’éducation et du Québec », a souligné André Frappier. Mme De Courcy a quant à elle déploré que « la loi 78 a touché le cœur des Québécois par son extrême dureté ». Tous ont invité les cégépiens à voter selon leurs convictions, peu importe le parti.