Anjou

La CAQ et l’électorat montréalais: défis et gains potentiels

Malgré une nette majorité de sièges à l’Assemblée nationale, la Coalition avenir Québec (CAQ) ne possède que deux circonscriptions sur les 27 de l’île de Montréal. Métro s’est penché sur les comtés de la métropole qui pourraient passer aux mains du parti de François Legault lors des prochaines élections.

Selon les experts consultés par Métro, la CAQ pourrait potentiellement ravir cinq nouveaux sièges sur l’île de Montréal, soit ceux des circonscriptions d’Anjou-Louis-Riel, Marquette, Maurice-Richard, Verdun et Saint-Henri–Sainte-Anne. C’est dans cette dernière circonscription que la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, tentera de se faire réélire le 3 octobre prochain.

«Ce n’est pas fait encore pour Mme Anglade dans son comté. La CAQ va travailler très fort pour le prendre», soutient l’analyste politique et créateur de la plateforme Qc125, Philippe J. Fournier.

À l’instar du chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, Dominique Anglade est beaucoup moins populaire que le parti qu’elle dirige, explique l’analyste.

Cette situation pourrait changer, précise-t-il, si Dominique Anglade a une campagne «fantastique, dynamique et qu’elle attrape l’attention de l’électorat plus qu’elle ne l’a fait dans la dernière année et demie».

Les défis de la CAQ

Pour le chargé de cours au Département de science politique de l’UQAM André Lamoureux, si la CAQ perçait dans Marquette, Saint-Henri–Sainte-Anne et Verdun, ce serait un exploit assez important, puisqu’historiquement les libéraux ont dominé en territoire montréalais.

Ce qui pourrait toutefois nuire à la CAQ dans ces trois comtés, ce sont les candidats du Parti conservateur du Québec (PCQ), croit le chargé de cours.

Le Parti conserveur du Québec (PCQ) va chercher 7%. On peut supposer qu’une partie du vote du PCQ vient possiblement de gens qui pourraient potentiellement appuyer la CAQ.

André Lamoureux, chargé de cours à l’UQAM

Selon l’animateur et chroniqueur politique Nic Payne, la CAQ éprouve les mêmes difficultés à Montréal que le PQ autrefois, desservie par une archipellisation des courants politiques et un déclin de l’électorat nationaliste.

«Le bloc bobo-progressiste-urbain est depuis longtemps parti chez Québec solidaire, raconte Nic Payne. Pour ce monde, c’est hors de question de voter pour la CAQ, qu’on voit comme un parti nationaliste, ce qui est très mal vu dans ces cercles.» 

Le chroniqueur mentionne aussi que les électeurs anglophones et allophones sont nombreux à ne pas avoir l’intention de voter pour la CAQ, entre autres parce que François Legault est un ancien souverainiste.

The Gazette et les médias anglophones se font un devoir de le rappeler même si le chef de la CAQ fait des déclarations, des génuflexions et toutes sortes de courbettes pour affirmer qu’il n’est plus souverainiste.

Nic Payne, animateur et chroniqueur politique

La Loi sur la langue officielle et commune du Québec et celle sur la laïcité de l’État adoptées par le gouvernement Legault a coupé les ponts avec cette part de l’électorat, ajoute Nic Payne.

Plus compétitive qu’en 2018

N’empêche, la CAQ serait plus compétitive sur le territoire montréalais que lors des élections de 2018, grâce à l’appui des électeurs francophones, estime Pierre J. Fournier.

«En 2018, la CAQ avait gagné le vote francophone, mais pas avec une marge écrasante, alors que cette fois-ci, la CAQ est autour de 50% chez les francophones, mentionne l’analyste. En deuxième place, c’est QS, avec 15%. Quand tu mènes par 35 points chez les francophones, ça veut dire que tu vas passer la gratte dans toutes les circonscriptions francophones et que tu ne vas pas en perdre tant que ça.»

Selon Pierre J. Fournier, la CAQ n’a pas besoin du vote anglophone et pourrait même profiter de la division au sein de cet électorat.

À l’instar d’Anjou-Louis-Riel, où la CAQ a misé sur une ancienne conseillère d’Ensemble Montréal, Karine Boivin Roy, c’est également une ex-conseillère, Véronique Tremblay, qui tentera de remporter le siège de Verdun. Cette dernière avait été élue sous la bannière d’Ensemble Montréal en 2017, puis sous celle de l’équipe de Valérie Plante en 2021.

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