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Changement de cap: de cuisinier à préposé aux bénéficiaires

Yannick Savoie est préposé aux bénéficiaires au Manoir de Verdun.

Yannick Savoie, préposé aux bénéficiaires.

Après avoir travaillé pendant une quinzaine d’années au restaurant Chez Jacquie et France de l’avenue Bannantyne, Yannick Savoie change de cap. Il travaille désormais au Manoir de Verdun en tant que préposé aux bénéficiaires (PBA) après avoir suivi la formation accélérée pour prêter main-forte en CHSLD.

M. Savoie fait ainsi partie des quelque 7000 PBA qui ont terminé la formation de trois mois du gouvernement. Des salaires de 26$ de l’heure étaient alors offerts cet été afin d’attirer plus de gens vers cette profession.

Pour le Verdunois, ce n’est pas l’appât du gain qui a motivé sa décision. «Je me suis rendu compte que pour être préposé, ce n’est pas une question d’argent. Il faut que tu aimes les personnes âgées, sinon tu ne dureras pas longtemps», dit-il.

«Il y a un côté humain que j’ai toujours eu et que je n’ai jamais pu exploiter en cuisine. Le vrai moi peut plus ressortir que dans une cuisine.»

-Yannick Savoie

Le Verdunois a longtemps pensé retourner aux études et travailler pour aider les autres. Toutefois, un tel projet avec de jeunes enfants et des factures qui s’accumulent n’était pas évident. «Quand j’ai vu l’appel du premier ministre Legault, je me suis dit: maintenant c’est le bon moment. C’est quelque chose que je pourrais faire pour aider les autres», commente-t-il.

Certaines journées sont parfois plus difficiles. «Il y en a qui ne veulent pas les soins. Il y en a qui n’acceptent pas encore d’être en CHSLD et qui aimeraient être chez eux, témoigne-t-il. Tu fais ton travail, mais en même temps, tu es un peu psychologue.»

Adaptation

Yannick Savoie travaille seulement depuis quelques semaines au Manoir de Verdun, mais déjà, il s’est adapté à ses nouvelles responsabilités. Le changement de couches, par exemple, ne le dérange pas tout.

Il estime que peut-être certains étudiants de la formation accélérée de préposé aux bénéficiaires ont pu abandonner à cause de cet aspect, ce qu’il trouve dommage. «Je me dis que peut-être que s’ils avaient continué un petit peu, ils auraient vu que le travail c’est beaucoup plus que ça et qu’on passe par-dessus. Au début, juste de prendre une débarbouillette et faire une toilette partielle à une dame, je trouvais ça malaisant. Mais à la longue, on s’habitue.»

Par manque de personnel, M. Savoie ne passe pas autant de temps qu’il le souhaiterait avec chacun des résidents. Pour le quart de soir, trois employés sont attitrés par étage, c’est-à-dire pour une vingtaine de personnes.

«J’essaie de discuter avec eux en faisant mes soins. Comme ça, je prends le temps de leur parler, et en même temps je fais le travail qui doit être fait», explique le préposé de 39 ans.

Pour lui, le lien avec les personnes âgées est important. «Une journée difficile, si je réussis à mettre un sourire sur le visage d’un ou deux résidents, c’est cliché ,mais ça fait vraiment ma paye. Je retourne chez moi et je me dis que j’ai fait une différence», commente le préposé aux bénéficiaires.

Avec la deuxième vague de COVID-19, M. Savoie sent que le stress monte d’un cran en CHSLD, autant de la part des employés que chez les résidents. Il estime toutefois que l’établissement est beaucoup mieux structuré et préparé qu’au printemps.

Il y a plus d’employés et d’autres s’ajouteront sous peu alors que les zones chaudes et froides sont bien délimitées sans déplacement d’employés entre elles. Yannick Savoie est confiant qu’on réussira à éviter les problèmes de la première vague en CHSLD.

Le Verdunois ne compte pas revenir derrière les fourneaux d’un restaurant, mais plutôt prendre sa retraite en tant que préposé.

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