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Le Plateau-Mont-Royal

Daniel Breton veut poursuivre l'électrification des transports

Par Frédérique Charest
 

Figure marquante du mouvement écologiste québécois et responsable du projet d’électrification des transports du Parti québécois (PQ), Daniel Breton veut conserver la confiance des électeurs de Sainte-Marie – Saint-Jacques. Mais les dossiers controversés du pipeline d’Enbridge et de l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti risquent de hanter sa campagne.

Lundi matin, rue Sainte-Catherine est. Un jeune homme se présente au local électoral de Daniel Breton. Il vient lui rapporter l’une de ses pancartes, trouvée sur le trottoir.

« Je peux vous dire que vous pouvez compter sur moi, c’est sûr que je vais voter pour vous. »

C’est la dernière étape de la campagne 2014. À quelques jours du scrutin, celui qui a brièvement été ministre de l’Environnement dit se démener sur le terrain.

« Quand je rencontre les gens, ça se passe encore mieux qu’en 2012. Même que je suis agréablement surpris », confie candidement le candidat.

S’il se dit surpris, c’est qu’il ressent également une certaine hargne à son égard depuis le début de la campagne. Certains vandalisent ses affiches, d’autres expriment plutôt leurs frustrations sur les réseaux sociaux.

Se sortir du pétrole

Deux dossiers reviennent sur le tapis : le pipeline Enbridge et l’exploration pétrolière sur l’île d’Anticosti. Ses adversaires l’accusent d’avoir plié l’échine. Une accusation injuste selon le cofondateur du Parti vert du Québec et ancien directeur de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).

« La vie, ce n’est pas noir et blanc. L’économie non plus. Québec solidaire (QS) peut dire “nous, on aurait dit non” tant qu’il veut, il n’aurait pas pu l’arrêter. C’est le fédéral, et non pas le Québec, qui a juridiction. Et lui, il s’en sacre de l’opposition. C’est ça la vraie histoire d’Enbridge. »

Pourtant, Pauline Marois, elle, a reconnu que le renversement du flux de l’oléoduc pourrait avoir des avantages pour les raffineries de l’est de Montréal.

« Les gens doivent comprendre que c’est notre dépendance au pétrole qui fait en sorte qu’on est pris avec ce projet-là, plaide-t-il. Les compagnies pétrolières ont mis en place un système à travers le monde pour s’en assurer. »

L’important selon lui, c’est de préparer la transition vers l’après-pétrole. Mais débarrasser le Québec de sa dépendance n’est pas chose facile.

Il rappelle que depuis 20 ans, le nombre de véhicules utilitaires sport et de camionnettes a augmenté de 156 % sur les routes du Québec.

« Les gens me reprochent d’être pour l’exploitation pétrolière sur l’île d’Anticosti. Je n’ai jamais dit ça. Mais j’ai dit que nous sommes dans un contexte où l’on prend 300 000 barils de pétrole par jour et qu’on va encore en consommer pendant au moins 30 ans. »

Selon lui, il n’est pas question de se résigner, mais d’avancer de façon réaliste.

Il reproche notamment à QS de promettre la fin du pétrole au Québec d’ici 15 ans. Un échéancier chimérique selon lui; même les pays les plus avancés en la matière n’y arriveront pas d’ici trois décennies.

« Leur promesse, c’est une farce du point de vue scientifique, technique et économique; c’est de la pensée magique. »

Entre autres, il souligne que près de la moitié du combustible consommé au Québec l’est pour les bateaux, les avions et les camions lourds. Pour le moment, impossible de les électrifier.

Décider ensemble de l’avenir énergétique

« La prise de contrôle de notre autonomie énergétique, ça passe par moins de consommation de pétrole, par une meilleure efficacité énergétique et par une plus grande utilisation d’électricité pour nos transports. Mais en attendant, le débat sur notre approvisionnement doit être fait. Ce n’est pas la fée des dents qui nous amène notre pétrole. »

Il ajoute qu’il n’existe plus de pétrole moins polluant que d’autres. Conséquemment, peu importe où le Québec s’abreuvera, les conséquences écologiques risquent d’être les mêmes.

Il croit que d’éventuelles audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) liées à l’exploitation des ressources de l’île d’Anticosti permettront aux Québécois de décider de la provenance de leur combustible et d’entamer enfin une conversation nationale franche sur l’avenir énergétique.

D’ici là, le plan d’électrification des transports et la stratégie nationale de mobilité durable annoncés par le gouvernement Marois permettront, selon lui, de réduire à long terme la consommation d’énergie et d’amorcer la transition vers les énergies vertes.

« Je suis très fier de l’électrification des transports et d’être le premier élu au Canada à avoir la responsabilité d’un plan du genre. Ça va être notre nouveau créneau au Québec, après l’aéronautique et le multimédia. Si je suis réélu, et que le gouvernement péquiste est à nouveau porté au pourvoir, je veux continuer à le mettre en place. C’est un dossier qui me tient à cœur depuis des années. »

Il ajoute que ses projets aideront également à créer de l’emploi et à développer une industrie qui permettra au Québec d’exporter les fruits de son génie.

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