Projet Montréal a proposé un point à l’ordre du jour pour que la question de l’accessibilité soit dans tous les sommaires décisionnels soumis aux élus.
La conseillère du district Cecil-P.-Newman, dans l’arrondissement de LaSalle, a proposé un amendement, afin que le tout entre en vigueur seulement à l’automne, en raison de la réforme administrative à venir.
La conseillère de Projet Montréal dans le Vieux-Rosemont, Érika Duchesne, insatisfaite de ce délai, a décidé d’enlever sa motion.
Du côté de l’organisme de défense des droits des personnes ayant une déficience motrice, situé dans Le Plateau-Mont-Royal, Ex-Aequo, les intervenants se disent très déçus par cette décision.
« Je ne comprends pas qu’on n’ait pas apporté tout de suite la modification. Le même genre d’initiative est actuellement en place pour le développement durable. Ça aiderait les élus à prendre des décisions plus éclairées. Le concept d’accessibilité, ça ne répond pas qu’aux besoins des personnes avec des déficiences motrices, ça concerne aussi les familles avec de jeunes enfants et les personnes aînées », mentionne la directrice adjointe de Ex-Aequo, Marie Turcotte.
Accessible, le Plateau?
Côté accessibilité, beaucoup de travail reste à faire dans l’arrondissement. La station du métro Mont-Royal ne possèdera pas son ascenseur avant 2017, puisque l’arrondissement a demandé à la Société de transport de Montréal (STM) d’attendre avant d’aller de l’avant avec ce projet. L’administration locale désire en effet procéder à la réfection de la place Gérald-Godin avant.
Du côté des autobus, bien qu’ils possèdent tous des rampes, elles ne seraient pas déployées systématiquement par les chauffeurs, dans Le Plateau-Mont-Royal selon une résidente du quartier. C’est près de 54 % de la flotte d’autobus qui possèdent des rampes avant et celles arrière sont vouées à disparaître.
« C’est frustrant quand ils ne veulent pas se donner la peine d’essayer de la sortir. Ça m’arrive régulièrement. Ils prétendent qu’elle est brisée. Parfois, on essaie aussi de leur expliquer que le bus suivant passe dans 30 minutes, mais ça ne trouve pas écho », raconte une citoyenne en fauteuil roulant, Marie-Ève Veilleux.
Du côté de la STM, on assure être très sensible à la réalité des personnes à mobilité réduite. La société de transport conseille de porter plainte dans une telle situation.
« Quand un client porte plainte, nous rencontrons le chauffeur et lui rappelons notre politique en la matière », indique la conseillère corporative de la direction principale des Affaires publiques, Amélie Régis.
Les personnes avec des déficiences motrices ne peuvent aller dans de très nombreux commerces du Plateau en raison de marches pour rentrer dans les établissements.
« Quand on leur demande si c’est adapté pour les gens en chaise roulante, ils nous disent oui, mais une fois sur place, on se rend compte que ce n’est pas le cas. C’est frustrant, parce que ça enlève toute spontanéité pour aller au restaurant ou dans un bar. Pourtant, on est aussi des clients avec un pouvoir d’achat », mentionne la traductrice scientifique pour une étude sur le vieillissement.
Le tableau n’est toutefois pas uniquement sombre dans l’arrondissement. Les vélos-routes apparaissent comme une lueur d’espoir pour les personnes en fauteuil roulant ou motorisé.
« Sur les trottoirs, avec les nombreuses fissures, c’est très dur pour le dos. C’est plus agréable de rouler dans la rue et avec les vélos-routes, ce sera également sécuritaire. J’ai toutefois hâte de voir de quelle façon la réglementation sera appliquée pour nous », mentionne Mme Veilleux.