Les deux demandent « d’attendre de disposer de données scientifiques probantes quant aux traitements possibles et à leur performance avant d’envisager la démolition des édifices scolaires », dans le document envoyé à la CSDM, le 4 juin.
« Nous ne pouvons pas attendre trois, cinq ou dix ans avant d’avoir des résultats hors de tout doute raisonnable que la démolition est la seule option possible. À la CSDM et au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), nous privilégions la santé des élèves et du personnel, même si nous reconnaissons l’importance de la sauvegarde du patrimoine. Nous n’avons pas l’assurance que des moisissures ne réapparaîtront pas dans la structure des deux bâtiments [si nous les réhabilitons]. Nous avons fait le choix de ne pas prendre de risque et de privilégier les élèves plutôt que la brique », affirme la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon.
« Je tiens à réaffirmer la volonté du conseil d’établissement de voir les enfants réintégrer leur école de quartier en septembre 2016. Nous comprenons la réticence du CJV et du CPM, mais nous tirons des conclusions diamétralement opposées aux leurs, selon nos études. La démolition est la seule manière d’assurer la santé et le bien-être des enfants, du personnel administratif et enseignant, selon la science actuelle. Il n’est pas question d’attendre. Il y va de la santé des enfants, du bien-être physique et moral des parents et de la vitalité du quartier. Nous avons besoin de l’école maintenant », poursuit le président du conseil d’établissement de l’école Saint-Gérard, Alex Benjamin.
« On veut des écoles au plus vite. On se fait dire que peut-être que des procédures vont repousser l’ouverture des bâtiments, c’est inquiétant. On demande aux élus de ne pas prendre en compte ces avis et qu’ils octroient les permis pour qu’on puisse commencer les travaux le plus rapidement possible », ajoute la commissaire scolaire de Hochelaga-Maisonneuve, Diane Beaudet.
La CSDM ainsi que les conseils d’établissement des écoles souhaitent la création d’un comité-conseil multidisciplinaire indépendant qui se pencherait sur la question de la moisissure. Toutefois, il ne faut pas qu’elle se fasse au détriment des enfants.
« Il faut que le travail scientifique sur la moisissure se poursuive. Nous ne sommes pas contre l’idée d’un organisme chargé d’examiner la question, mais ça doit être pour éviter un autre Saint-Gérard ou Baril et non pour les réhabiliter dans un avenir lointain et incertain. La reconstruction est une exception dans des circonstances exceptionnelles où personne n’était prêt. Ce n’est pas la norme », indique M. Benjamin.
La CSDM a interpellé les élus municipaux afin que ceux-ci lui donnent l’autorisation et les permis de démolir ainsi que reconstruire les deux établissements scolaires. Cette décision doit être rendue au cours du mois d’août, afin de commencer les travaux de démolition au cours de l’année 2014-2015 et ainsi, accueillir des élèves en septembre 2016. Un refus ou un moratoire empêcherait les enfants de réintégrer leur école à la date prévue.
Faits saillants école Baril
27 mars 2008 – Rapport d’enquête de signalement – Échantillonnage de moisissures dans l’air ambiant de l’école Baril — Centre de santé et de services sociaux Jeanne-Mance;
Été 2008 – Travaux de décontamination fongique dans certains locaux et dans les cages d’escaliers de l’école;
1er février 2010 – Audit architectural complet de l’école Baril – Provencher Roy Associés Architectes;
Été 2010 – Travaux de réfection de la maçonnerie sous la supervision de la firme d’architectes Provencher Roy Associés Architectes;
27 janvier 2011 – Avis de la Direction de la santé publique (DSP) sur la salubrité de l’école Baril;
16 février 2011 – Rapport d’expertise pour l’étude des conditions microbiologiques à l’école Baril – Teknika – HBA;
4 mai 2011 – Recommandations de la DSP visant la protection de la santé publique à l’école Baril; Été 2011 – Déménagement des occupants de l’école Baril afin d’entreprendre des travaux majeurs de réhabilitation de l’école;
27 juin 2011 – Rapport d’expertise — Inspection pour la présence fongique à l’école Baril afin d’établir la portée des travaux correctifs à apporter, lors du projet de réhabilitation de l’école. — DESSAU;
Automne 2011 – Début des travaux de réhabilitation de l’école sous la supervision des firmes Birtz Bastien Beaudoin Laforest Architectes et Dessau.
Juillet 2012 – Rapport d’expertise faisant l’évaluation de la qualité fongique de l’air – Rapport final – LVM;
29 août 2012 – Arrêt des travaux de réhabilitation;
Automne 2012 – Visite de l’école par la DSP;
4 septembre 2012 – Rapport d’expertise sur la salubrité microbiologique de l’école Baril, revue des études effectuées depuis mai 2000 – Contex Environnement;
Février 2013 – Rapport d’expertise – École Baril – Beaupré, Michaud et Associés, Architectes;
4 avril 2013 – Avis de la DSP sur la décontamination des murs de maçonnerie de l’école Baril. La DSP « ne recommande pas que cette école soit reconstruite à l’intérieur de l’enveloppe de maçonnerie contaminée par les moisissures, même si celle-ci était encapsulée »;
22 avril 2013 – Demande d’autorisation de démolition de l’immeuble de l’école Baril au MELS — CSDM
9 juillet 2013 – Autorisation ministérielle pour la démolition de l’école Baril;
12 novembre 2013 – Énoncé de l’intérêt patrimonial de l’école Baril;
8 janvier 2014 – Rencontre avec le personnel, présentation des plans préliminaires;
Avril — mai 2014 – Rencontres avec l’arrondissement;
27 mai 2014 – Obtention des plans d’architecture de la nouvelle école;
3 juin 2014 – Le Comité consultatif d’urbanisme de l’arrondissement a reçu les plans.