Au cours des quatre dernières années, le marché immobilier montréalais a subi une baisse remarquée des ventes résidentielles. Les décisions du gouvernement fédéral y seraient pour quelque chose, estime la Fédération des chambres immobilières du Québec.
«Il y a un ralentissement depuis les nouvelles mesures du gouvernement Harper. Ça refroidit le marché et rend l’accès à la propriété plus difficile pour les premiers acheteurs», indique Paul Cardinal, directeur, analyse du marché à la Fédération des chambres immobilières du Québec.
Depuis quelques années, il n’est plus possible d’amortir une hypothèque sur 40 ans. Le délai maximum est de 25 ans. De plus, les critères de qualification pour avoir accès à un prêt hypothécaire sont plus élevés.
«Un acheteur doit avoir 35% de plus de revenus pour se qualifier à un prêt hypothécaire aujourd’hui, comparativement à il y a deux ans. Auparavant, il pouvait ne donner aucune mise de fonds. Désormais, il doit débourser 6,5% de sa propriété, soit 5% de mise de fonds, en plus du notaire et de la taxe de bienvenue. C’est un dur coup pour les acheteurs», souligne Denis Bureau, courtier immobilier agréé aux services immobiliers Versailles.
Mercier – Hochelaga-Maisonneuve
La situation se fait notamment ressentir à Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, un endroit prisé par les premiers acheteurs.
«Avant, nous arrivions à vendre des condos de moyenne gamme, dans des sous-sols et des demi-sous-sols. Aujourd’hui, ce ne sont que les propriétés haut de gamme qui trouvent preneur. Ce qu’on vendait auparavant à des acheteurs avec des moyens limités ne l’est plus, car ceux-ci n’arrivent pas à se qualifier pour un prêt», révèle M. Bureau.
Au cours des trois derniers mois, 100 condos ont été vendus sur un bassin de 650 dans l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve.
«Nous sommes dans une bonne période actuellement dans la vente, mais nous remarquons une baisse. Habituellement, nous vendons une propriété sur trois, en ce moment c’est une sur six», fait valoir le courtier immobilier.
