Il sera dorénavant permis de garder des poules dans l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve. Les élus modifieront leur réglementation pour créer des poulaillers urbains, sous certaines conditions, dans les jardins communautaires de son territoire.
«Les poules seront permises sur une parcelle de terrain clôturé, utilisée à des fins de jardinages et ayant une superficie minimale de 3000 mètres carrés, ce qui correspond principalement à la superficie de huit de nos jardins communautaires où elles pourront être gardées», de dévoiler Réal Ménard, maire de l’arrondissement de MHM, en conférence de presse ce matin (1er juin).
Le nombre de poules a été limité à cinq par jardin communautaire. Elles devront être gardées dans un enclos fermé, dont les parois ont une hauteur comprise entre 90 cm et 105 cm.
Les enclos devront se trouver à une distance minimale de 10 mètres d’une limite de propriété. Aucune odeur liée à la garde des poules ne devra être perceptible à l’extérieur des limites du terrain.
Entre 20h et 7h, les poules devront demeurer à l’intérieur d’un poulailler fermé et verrouillé. L’enclos et le poulailler devront être propres et exempts d’accumulation de matières fécales.
Les élus entérineront le premier projet de règlement dès demain, à la séance du conseil d’arrondissement du 2 juin, et les poules pourront faire leur arrivée en juillet, après l’adoption du second projet de règlement.
La gestion et la responsabilité de la garde des poules relèveront des conseils d’administration des jardins communautaires qui décideront d’aller de l’avant dans ce projet.
Les poules seront permises jusqu’au 30 septembre. Après cette date, les administrateurs des jardins communautaires devront en disposer convenablement. Ils ne pourront mettre, eux-mêmes, fin à leur vie. Ils devront les confier à un refuge ou encore à un abattoir.
Une première expérience
L’an dernier, les membres du jardin Souligny ont mené un premier projet-pilote avec 20 poules. Une expérience positive, au dire du président Franz Charneux.
«Les gens étaient ravis. Leur réaction était unanime et excellente. Tout s’est bien passé. Il s’agit d’un pas dans la bonne direction», confie M. Charneux, qui estime que l’arrondissement a pris une bonne décision et qui irait encore plus loin en permettant la garde des abeilles.
Le président du jardin communautaire Souligny a donc l’intention de récidiver cette année. Il invite ses collègues des autres jardins à emboîter le pas.
«Les poules fascinent les enfants et constituent une attraction pour eux. L’élevage de poules permet de créer un lien social avec les voisins. Nous pourrions voir naître des projets de poulaillers éducatifs servant à éduquer la population ou encore des camps de jour peuvent être organisés afin de montrer aux enfants comment prendre soin des poules», souligne pour sa part la conseillère municipale de Maisonneuve – Longue-Pointe, Laurence Lavigne Lalonde.
Présent à la conférence de presse, Marcel Kauth, président du jardin communautaire Cabrini, s’est montré intéressé.
«Il faudra avoir des discussions au sein de notre conseil d’administration, mais le projet semble intéressant. Il faut surtout voir les coûts rattachés à ce projet: acquisition des poules, infrastructures, nourriture, etc.»
Mais selon M. Charneux, les coûts ne devraient pas être un frein.
«On parle de coûts de quelques centaines de dollars. Le plus dispendieux, c’est de construire l’enclos, mais il est facile de s’en tirer avec quelques dons de matériaux et des bénévoles dévoués.»
