À Montréal-Nord, dès 1982, un comité d’élus a été formé dont le mandat était de favoriser l’intégration des communautés culturelles et de faciliter le rattachement de leurs membres à la collectivité nord-montréalaise. Pour la première fois on se préoccupait du nombre grandissant de personnes d’origine étrangère et l’on cherchait un moyen d’assurer l’harmonie dans les relations entre tous les citoyens. Le comité des relations interculturelles poursuivait comme objectifs l’information des nouveaux arrivants quant aux services offerts par la Ville, la sensibilisation des citoyens pour favoriser le rapprochement entre les différents groupes et, la recherche d’une meilleure qualité de vie à Montréal-Nord. En consultant les recensements faits par la Ville de 1982 à 1985, on constate que la population totale de Montréal- Nord était de 94 226 en 1982, de 91 863 en 1983, de 90 386 en 1984 et de 90 194 en 1985. Pour les deux dernières années, le nombre d’habitants d’origine haïtienne était de 4 926 en 1984, soit 5.4% et de 5 093, en 1985, soit 5.7%. En 1996, Montréal-Nord compte 8 295 Haïtiens soit 12% de la population de la municipalité, alors que les minorités visibles représentent 19% de tous les résidents, en 2001.
Une étude réalisée en 1993, faisait le constat que la proportion des personnes vivant sous le seuil de la pauvreté, en 1986, était plus élevé parmi les Haïtiens et les autres Noirs, même
s’ils ne représentent que 4% de la population montréalaise. Cette donnée pouvait également se vérifier à Montréal-Nord. La communauté haïtienne a compris qu’il lui fallait se donner des outils pour permettre à ses membres de mieux s’épanouir dans leur nouvelle société. Deux organismes ont été créés. Le premier, l’Association des travailleuses et travailleurs haïtiens au Canada (ATTHAC/ATTAK)) a pour mission de promouvoir parmi les travailleurs la solidarité et l’entraide. Le second, la Maison des Jeunes l’Ouverture, un organisme sans but lucratif, à caractère philanthropique qui vise à promouvoir auprès des jeunes âgés de 12 à 17 ans de toutes les communautés ethnoculturelles un avenir sain. Depuis, plusieurs autres regroupements ont été créés.
On peut certes tirer la conclusion que la communauté haïtienne a assurément un passé au Québec et à Montréal-Nord. Le Canada est en fait la deuxième terre d’accueil des Haïtiens après les Etats-Unis.
Oliver Jones a été résident de Montréal-Nord. En 1960, dans un logement du boulevard Pie-IX. Puis, de retour en 1980, demeurant pendant près 25 ans, dans la paroisse St-Vital. Oliver Jones est né le 11 septembre 1934 dans un quartier pauvre, (Petite Bourgogne), Saint-Henri, dans le sud-ouest de Montréal et a grandi à quelques pas d’Oscar Peterson. Il commence à parfaire son art à l’âge de cinq ans en jouant du piano à l’église de son quartier. C’est en le voyant écouter les répétitions d’Oscar, assis sous le porche de leur maison, que la sœur d’Oscar, Daisy Peterson Sweeney, est devenue le professeur de piano d’Oliver.
Il entreprend une fructueuse carrière musicale au début de la vingtaine. Il devient directeur musical en 1964 du chanteur calypso de la Jamaïque, Kenny Hamilton, établi à Porto Rico. Ce n’est que vers la quarantaine que le jazz devient sa marque. En 1980, le contrebassiste convainc Jones de s’associer à lui. Il devient le pianiste attitré du Club de jazz Biddle. En 2004, pour le 25e anniversaire de cette grande prestation musicale Oliver Jones et Oscar Peterson se retrouveront ensemble sur une scène du Festival international de jazz de Montréal.
De nombreux hommages
Les réalisations d’Oliver, tant dans le domaine musical que dans d’autres disciplines, lui valent une multitude de distinctions, dont l’Ordre du Canada, l’Ordre national du Québec, le prix du Gouverneur général, la médaille du Jubilé de la Reine Elisabeth II, trois prix Juno, dix prix Félix, le prix Martin Luther King Jr. – qui souligne sa contribution aux communautés noires – ainsi que six doctorats honorifiques.
Pour souligner le Mois de l’histoire des Noirs, amorcée en 2009, Poste Canada a émis un timbre à l’effigie d’Oliver Jones, musicien de jazz de renommée internationale. La salle de spectacle de la Maison culturelle et communautaire de Montréal-Nord est baptisée Salle Oliver Jones en son honneur.