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Montréal-Nord

Le Noël à la campagne

Collin-Lalonde Anabel - TC Media
Au début du 20e siècle, les gens partaient de la ville pour passer le temps des fêtes à leur chalet de Montréal-Nord. Ils voyageaient par tramway qui les déposait sur le boulevard Henri-Bourassa. Les familles y venaient pour la promesse d’une neige plus abondante, la rivière des Prairies transformée en patinoire et pour faire la tournée de la parenté.

Roger Lagacé, membre fondateur de la Société d’histoire et de généalogie de Montréal-Nord, se souvient du Montréal-Nord champêtre.

La messe de minuit

Les églises Sainte-Gertrude, Saint-Vincent-Marie-Strambi et Saint-Vital ont été les paroisses fondatrices de Montréal-Nord. Le 24 décembre, toute la communauté se retrouvait à la messe de minuit. Le cantique Minuit, chrétiens ouvrait la première des trois messes célébrées cette nuit-là. « Les paroissiens devaient réserver leurs places et plusieurs se tenaient debout tant l’église était remplie », raconte M. Lagacé

Les gens se tenaient ensuite sur le perron de l’église et s’échangeaient de bons vœux. Ils reprenaient le chemin de la maison sur leurs traîneaux tirés par des chevaux. « Les plus pauvres avaient deux chevaux tandis que les plus riches pouvaient en avoir cinq, explique M. Lagacé. On les entendait aussi venir de loin puisqu’ils accrochaient des cloches sur la tête des chevaux! »

La visite

Souvent, la mère de la famille restait à la maison pour préparer le repas. Une fois les troupes de retour, les enfants réclamaient leurs cadeaux. Certains recevaient la visite du père Noël. Les jeunes déballaient des jouets faits à la main, comme des « poupées tricotées ».

Les bas de Noël faisaient aussi partie des traditions de l’époque. Chacun accrochait le sien à sa porte de chambre et on y retrouvait des pommes, des oranges, des bonbons en sucre d’orge et un morceau de charbon. « C’était pour chauffer la truie (le poêle à bois) », précise M. Lagacé.

Les oncles, tantes, cousins et cousines prenaient ensuite place à table pour un souper du réveillon traditionnel.

« Après le repas, on entendait souvent, « Prends-tu un p’tit blanc? » Ça, c’était le gin fait maison », lance M. Lagacé. Une fois la gêne mise de côté, la fête commençait. Chaque famille avait son musicien et les gens valsaient et dansaient les sets carrés. Les chansons à répondre étaient aussi très populaires.

Pendant deux semaines, les familles faisaient la tournée des maisons. Ils s’adonnaient également à des plaisirs d’hiver. La raquette avait la côte et les gens traversaient la rivière des Prairies ainsi.

Un Noël féérique

Les préparatifs des fêtes commençaient dès le 25 novembre, fête de la Sainte-Catherine. Les beignes, tourtières, ragoûts, etc. se cuisinaient d’avance et se conservaient dans la cave ou dans une boîte placée à l’extérieur.

Selon, M. Lagacé, presque tous les Noëls étaient blancs.

La tradition des cartes de Noël revenait elle aussi chaque année. Les enfants préparaient les leurs à l’école et les familles envoyaient leurs cartes à leur parenté et à leurs amis.

« Montréal-Nord n’a pas inventé la roue, dit M. Lagacé. Mais c’était certainement féérique pendant le temps des fêtes ».

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