«Les gens sont pris en otage. Ils paient de 300$ à 400$ par mois de loyer et n’ont pas les services auxquels ils ont droit, a lancé à Cités Nouvelles Pierre Latreille, un voisin du parc. Aussi affecté par ces problèmes, le résident de la montée Wilson est branché sur le même réseau d’aqueduc depuis que son puits a été contaminé en 2009.
«Le propriétaire ne retourne pas nos appels. Nous n’avons aucun moyen de fermer l’eau. Certains ont des reflux d’égout. Moi, je l’appelle depuis le 1er mars, parce que j’ai des travaux de plomberie à faire chez moi. Certains constatent des fuites d’eau et se retrouvent avec des reflux d’égout dans leurs maisons. Des gens dépensent 1500$ à 2000$ pour réparer des égouts qui ne leur appartiennent même pas.»
Robert Legault est propriétaire du parc de 92 maisons mobiles depuis 1999. Il opère sous le nom de Société en commandite CRL. Le site est géré comme l’ancien camping construit en 1967.
Les résidents sont propriétaires de leurs maisons mobiles et louent un terrain avec les services. «Depuis l’achat du terrain, j’ai mis beaucoup d’argent, mais les locataires ne le réalisent pas. Il y a deux ans, j’ai investi 150 000$ dans une usine d’épuration des eaux usées. À un autre moment, j’ai aussi changé le système de gestion du contrôle de la pression», a partagé le propriétaire qui est résident de Saint-Lambert.
La faute aux locataires?
Aux dires de M. Legault, certains aménagements ne peuvent pas se faire en hiver. «C’est un parc de maisons mobiles, on ne peut pas arrêter l’eau de couler dans les tuyaux l’hiver, sinon, ils gèlent. Ça prend un fil chauffant en dessous de la maison mobile. Souvent, les gens ne le changent pas, alors qu’ils doivent le remplacer aux 4 à 5 ans. Il y a donc souvent des bris qui sont dû aux locataires. Trois cassures sur sept en moyenne incombent aux locataires.»
Le propriétaire affirme vouloir régler les problèmes. «J’aimerais vivre tranquille un peu, a-t-il lancé. Une firme indépendante accréditée par le ministère de l’Environnement effectue des tests de qualité de l’eau trois fois par mois. L’eau est potable. L’avis d’ébullition est encore en vigueur, mais normalement, il devrait le lever.»
M. Legault affirme être présentement dans l’attente des résultats d’une étude réalisée également par une firme spécialisée en lien avec l’étanchéité de son système souterrain. «On fait faire les études appropriées et par la suite on va suivre les recommandations du ministère de l’Environnement.»
«L’eau est potable», martèle M. Legault. Pour lui, l’inquiétude est apparue lors de tests qui ont révélés une non-conformité en 2009. «On parle d’un problème ponctuel. Nous étions à réparer un bris de conduite. Lors de la réparation, ils ont creusé et n’ont pas respecté le processus. Ils n’ont pas fait attention. Je pense qu’ils ont pris un tuyau contaminé. La réparation a engendré la contamination du réseau.»
Déversement de contaminants
La Ville de Montréal a émis plusieurs constats à la Société en commandite CRL en vertu du règlement municipal sur l’assainissement des eaux. Les analyses de la municipalité démontrent également qu’il y a déversement de contaminants dans un ruisseau situé sur le terrain du parc de maisons mobiles. Ces dossiers sont fixés à procès le 21 octobre 2014.
L’Association des locataires résidents du parc de maisons mobiles Wilson, active depuis cinq mois, travaille présentement sur un recours collectif visant à refuser la récente augmentation de loyer du propriétaire.
«Le propriétaire n’entretient pas les rues comme il faut. L’asphalte est plein de trous. L’eau, on ne sait jamais si elle est potable. En plus, certains endroits ressemblent à un véritable dépotoir. On ne voit pas pourquoi on payerait plus cher pour des services que nous n’avons pas», a lancé Normand Daigneault, vice-président du comité.
Une locataire a eu gain de cause en 2011 pour une demande de diminution de loyer en lien avec le bris d’une conduite d’eau survenu en 2007-2008 et qui a finalement été réparée plus d’un an après la rupture. En raison de la présence d’eau et les dommages matériels à la maison mobile, la dame a reçu une baisse de loyer sur 17 mois de loyer, soit l’équivalent de 1139$.