Ouest-de-l’Île

Du Feydeau sur les planches avec Les Philanthropes à John-Abbott

Pièges, séduction, malentendus et coups de théâtre marqués ponctués d’entrées et de sorties de scène répétées; Le Dindon de Georges Feydeau, c’est deux heures trente-cinq de comédie de situation savamment calculée. Un manège effréné dans lequel les comédiens de la troupe de théâtre Les Philanthropes ont volontiers pris place cette année. Qui sera le dindon de la farce? Au spectateur d’en juger…

«Feydeau, c’est le maître incontesté du vaudeville. Le Dindon date de 1896, mais le sujet est encore étonnamment d’actualité aujourd’hui. L’infidélité, l’adultère et toutes les situations comiques que ça peut engendrer… Le mari qui trompe sa femme et celle-ci qui se prépare à le tromper en retour si jamais elle a la preuve de sa tromperie», raconte le metteur en scène, José Malette.

«Cette pièce est très mathématique et structurée. Quand c’est bien fait, ça rit chacune des phrases! Voilà pourquoi c’est impossible de couper dans Feydeau; tu essaies d’enlever une seule ligne et les cinq jokes suivantes ne fonctionnent plus! C’est d’une précision, telle une horlogerie. Comme un métronome qui marque le temps et dont le tic-tac ne s’arrête jamais», observe celui qui a signé plusieurs mises en scène pour la troupe de théâtre amateur Les Philanthropes, anciennement la Compagnie de théâtre Bellevue.

Un chaos rythmé

Vatelin, Pontagnac, Lucienne et Maggy notamment, les personnages du dramaturge français sont ici campés par treize comédiens, six femmes et sept hommes. En l’occurrence: Doris Bougie, France Chénard, Robert Daigle, France Décarie, Jonathan Girard, Diane Guay, Denis Haché, Gérard Jodry, Joanne Lemay, Olivier H. Massé, Roger McSween, Claudette Poulin et Pascal Savard.

Des interprètes auxquels José Malette donne un mot d’ordre général: suivre la cadence! «Le plus important, c’est de garder le ryhtme de cette comédie et l’amener à un rythme complètement fou qui se détraque vers la fin. Avec Feydeau, il y a toujours au moins quatre portes dans le décor et beaucoup de mouvement. Ça entre, ça sort, ça se ferme, ça se cache en-dessous du lit ou dans les garde-robes, puis un personnage court en chercher un autre… Il y a des quiproquos et des chassés-croisés sans arrêt!»

S’attaquer à une œuvre du ‘roi du vaudeville’ représente un défi de taille, que le metteur en scène et les comédiens n’ont pas hésité à relever. Pourquoi avoir choisi Le Dindon en particulier? «C’est une de ses pièces les plus efficace et une des plus souvent montée aussi. Occupe-toi d’Amélie, Un fil à la patte et L’Hôtel du Libre-échange sont jouées parfois, mais c’est Le Dindon la plus drôle, accessible, universelle et la moins ‘française’. Une comédie qui se déroule en trois actes et trois lieux différents et dont le deuxième acte est le plus fou. C’est un vrai bordel, un chaos total mais organisé!», souligne en terminant José Malette.

Après avoir franchi le cap de la première samedi le 7 juin dernier, la troupe offrira deux autres représentations, les 13 et 14 juin au Théâtre Thérèse-Casgrain du Collège John Abbott.

La pièce Le Dindon de Georges Feydeau sera présentée par la troupe de théâtre Les Philanthropes le vendredi 13 juin et le samedi 14 juin, à 20h, au Théâtre Thérèse-Casgrain du Collège John Abbott, situé au 21275 rue Lakeshore à Sainte-Anne-de-Bellevue. Pour chaque billet vendu au coût de 20$, 2$ sera remis à l’Association P.E.H.D.A.A. Infos: 514 425-094 ou 450 377-1389.

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