Benoît Philie
L’arrondissement Pierrefonds-Roxboro devrait traverser l’année 2012 sans trop d’embûches, même si la Ville de Montréal a décidé de geler les dotations aux arrondissements pour une sixième année consécutive.
C’est du moins ce qu’a laissé entendre l’administration de l’arrondissement, lundi soir dernier, lors de la présentation du budget 2012. Malgré un manque à gagner de 1,6M$ pour l’année prochaine, Pierrefonds-Roxboro devrait équilibrer son budget de dépenses de 33 196 200$ (+666 200$ par rapport à 2011) avec la taxe d’arrondissement et l’appropriation du surplus budgétaire accumulé (458 600$).
«Il est vrai que la situation économique n’est pas rose. Plusieurs arrondissements devront couper des services et des postes cette année», a déclaré la mairesse Monique Worth, lors de la séance du conseil. «Mais nous sommes dans une très bonne position ici», a-t-elle ajouté.
Pierrefonds-Roxboro fait partie des huit arrondissements de Montréal qui imposent une taxe foncière à ses citoyens pour assurer la qualité des services publics. Chaque année, cette taxe permet de collecter environ 1,5M$ auprès des contribuables. «C’est une taxe nécessaire, sinon on ne pourrait pas maintenir les services offerts à la population», explique le directeur d’arrondissement, Jacques Chan.
La taxe d’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro augmentera de 4$ cette année pour une résidence unifamiliale évaluée à 271 000$, passant donc de 70$ à 74$. Cette augmentation est due à une croissance de 15 280$ de l’évaluation foncière pour l’année 2012. Le taux de taxe restera stable pour «tenir compte de la capacité de payer des résidents», a tenu à préciser Mme Worth.
L’écart de 666 200$ entre les budgets 2011 et 2012 est causé par une augmentation de la masse salariale des employés de la Ville. Les conventions collectives des cols bleus et blancs prévoient, entre autres, une hausse de salaire de 2% pour 2012.
Maintien des services
Malgré la situation économique plus difficile à Montréal, l’arrondissement entend maintenir tous les services publics. Le déneigement, la collecte de déchets, le recyclage, la sécurité publique, les subventions aux associations à but non lucratif ainsi que les autres services publics seront donc offerts comme à l’habitude.
Toutefois, Pierrefonds-Roxboro et L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève ont des projets communs pour faire des économies dans certains secteurs d’activité. Les deux seuls arrondissements de l’Ouest-de-l’île étudient en ce moment la possibilité de s’associer pour lancer un appel d’offres. «Nous voulons trouver le meilleur prix pour la collecte des matières résiduelles et recyclables dans nos arrondissements», a expliqué Jacques Chan au journal Cités Nouvelles. «En s’associant, nous proposons un volume de déchets plus gros aux compagnies, ce qui risque de réduire les prix», dit-il. Depuis trois ans, les deux arrondissements se sont aussi entendus pour partager la Fête nationale du Québec et la fête du Canada sur leurs deux territoires respectifs. Ainsi les arrondissements n’ont pas à assumer le coût des deux fêtes.
Selon M. Chan, d’autres projets du genre sont à l’étude. «Les directeurs des différents départements, que ce soit l’urbanisme, les loisirs ou les services publics, sont en train de regarder cela pour mettre en commun d’autres activités dans les deux arrondissements. C’est surtout pour faire des économies et que ce soit donnant-donnant», a-t-il conclu.
Moins rose à L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève
Contrairement à Pierrefonds-Roxboro, l’arrondissement de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève se trouve dans une situation plus délicate depuis quelques années.
Après trois ans de déficit et une dette accumulée de près de 1M$ envers la Ville de Montréal, l’arrondissement n’est pas encore au bout de ses peines. Selon le rapport sur la situation financière de L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève, présenté le 6 septembre dernier par le maire Richard Bélanger, l’exercice financier de l’année 2010 s’est soldé par un surplus budgétaire de 102 300$. L’arrondissement est donc encore bien loin de retrouver l’équilibre budgétaire.
Selon M. Bélanger, le déficit accumulé est surtout lié aux activités de déneigement et de collecte des déchets des dernières années. Montréal a, entre autres, prêté 531 600$ à l’arrondissement en 2008 pour l’aider à payer les coûts du déneigement. Or, L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève a essuyé un autre déficit de 208 400$ en 2009, malgré un hiver plutôt clément.
Depuis 2007, certaines coupures ont eu lieu, comme la réduction des heures d’ouverture de la bibliothèque de L’Île-Bizard, la fermeture de la bibliothèque de Sainte-Geneviève ainsi que des coupes dans le service de sécurité publique.
L’Île-Bizard-Sainte-Geneviève n’impose pas de taxe locale à ses citoyens, comme le fait pourtant l’arrondissement voisin, Pierrefonds-Roxboro.
En date de 2010, six arrondissements montréalais devaient un total de11,5M$ à la Ville pour des emprunts reliés au Fonds de soutien 2008 pour la neige ainsi qu’à des déficits antérieurs.