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Ouest-de-l’Île

Coenseignement à l’école du Bout-de-l’Isle: l’aventure se poursuit

L’école primaire du Bout-de-l’Isle à Sainte-Anne-de-Bellevue aura encore une classe double cette année. Après un an de «coenseignement», la direction a décidé de reconduire l’expérience et de permettre à deux enseignantes de l’établissement d’enseigner à une grande classe d’élèves de sixième année.

Le concept est simple: tous les élèves de deux classes de 6e année se retrouvent dans la même salle avec deux enseignants. Pendant qu’une enseignante donne son cours, l’autre circule pour répondre aux questions et gérer la discipline. Il y a donc moins d’interruptions pendant les périodes d’enseignement. Le concept a fait ses preuves ailleurs au Québec, notamment dans les classes d’adaptation scolaire pour des élèves en difficulté au secondaire, mais le phénomène est peu commun dans les classes normales du primaire et du secondaire. Pour l’instant, plusieurs établissements scolaires ont mis sur pieds des projets-pilotes, mais à l’école du Bout-de-l’Isle, on peut maintenant dire que le coenseignement est là pour rester.

Les deux instigatrices du projet, les enseignantes Anne-Marie Roberge et Émilie Leblanc-Goulet, ont profité de l’agrandissement de leur école pour soumettre le projet à leur directrice et convaincre les responsables de la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys. «Nous étions tous les deux sur un comité de réflexion sur le sujet à l’époque, puis au fil de nos recherches et de nos lectures, nous nous sommes rendu compte que le ce type d’enseignement était le meilleur pour nos élèves. Nous étions convaincues que de travailler ensemble dans un même local nous permettrait d’être plus disponibles pour nos élèves», explique Émilie Leblanc-Goulet, en entrevue avec le journal Cités Nouvelles.

Selon les deux collègues, ce type d’enseignement augmente la motivation chez les écoliers, donne plus d’aide aux élèves en difficulté et amène les plus doués à se dépasser et d’avancer plus rapidement. Le projet permet aussi aux jeunes de créer des liens avec deux adultes significatifs et offre un exemple positif de travail d’équipe.

Si au départ les parents n’étaient pas convaincus du bien-fondé d’une telle expérience, plusieurs d’entre eux ont vite changé d’avis. «Nous sommes tous les deux enseignantes ici depuis quelques années et nous avons vu une bonne différence dans les résultats scolaires de nos jeunes dès la première année de coenseignement», avance M. Leblanc-Goulet. «Cela a convaincu les parents. Certains d’entre eux nous ont même écrit pour nous dire qu’ils espéraient que le projet continue», ajoute-t-elle.

Cette année, les deux enseignantes ont 52 élèves à leur charge, contrairement à 45 l’an dernier. Néanmoins, peu de changements sont prévus dans l’organisation des cours et de la classe. «Cela a été un franc succès l’an dernier, donc nous allons continuer dans le même sens», précise l’enseignante. Sa collègue, Anne-Marie Roberge, ajoute aussi que ce modèle de classe permet aux finissants de développer un fort lien d’appartenance entre eux, quelque chose qui les motive et du coup, leur donne envie d’aller à l’école le matin. «Nous avons remarqué qu’ils étaient plus fiers les uns des autres. Parfois, ils s’applaudissent et s’encouragent entre eux», dit-elle.

Le projet est devenu un exemple pour d’autres écoles montréalaises qui tentent aussi l’expérience pour la première fois cette année. Selon le duo, la clé du succès d’une telle entreprise réside surtout dans la complicité des collègues. Ils doivent savoir se compléter et surtout travailler en équipe, car la charge de travail est loin d’être moins lourde à deux qu’en solo. «Nous sommes chanceuses, nous nous sommes rencontrées il y a quelques années seulement et nous avons vite développé une capacité à travailler ensemble. Nous espérons que cela va durer encore longtemps!» a conclu Mme Roberge.

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