Le groupe citoyen «Build it underground DDO», qui s’oppose à un projet de construction d’une ligne électrique aérienne de 315 kilovolts (kV) à Dollard-des Ormeaux entend profiter d’une soirée d’information du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) le 30 mars afin de demander à l’organisme public de lancer une commission d’enquête.
Le groupe souhaiterait voir la nouvelle ligne, qui s’étalera sur trois kilomètres, être enfouie sous terre. Les résidents s’inquiètent de l’impact du projet de ligne aérienne, dont les pylônes atteindront 52 mètres, sur la valeur de leurs propriétés.
Si Hydro-Québec va de l’avant, la nouvelle ligne viendrait s’ajouter aux lignes de 120 kV présentement en place le long du boulevard Salaberry entre le boulevard Saint-Jean et des Sources.
Le projet, d’une valeur totale de 90 M$, dont près de 14 M$ pour la pose de fils aériens, prévoit également la rénovation du poste Saint-Jean au coût de 76 M$.
Fils souterrains
Selon le porte-parole Jean-Philippe Rousseau, Hydro-Québec opte seulement pour des fils souterrains lorsqu’il s’avère impossible de construire une ligne aérienne parce que l’espace est insuffisante ou parce que s’y retrouve un obstacle infranchissable.
Hydro-Québec estime que l’alternative d’enfouir les fils coûterait 59 M$, ce qui augmenterait la facture totale du projet de 45 M$.
Le groupe citoyen conteste ce chiffre. «Nous voulons que ces chiffres soient étayés par un tiers parti», affirme une membre du groupe «Build it underground DDO», Lynette Guilbeau.
M. Rousseau soutient que les chiffres avancés par la société d’État ont déjà été vérifiés par un organisme indépendant, la Régie de l’énergie, qui a autorisé le projet de Dollard-des-Ormeaux dans une décision rendue le 29 janvier dernier.
Durée de vie des lignes
Selon les estimations de la société d’État, une ligne aérienne pourraient durer 80 ans alors qu’une ligne souterraine aurait une durée de vie deux fois moindre, une autre statistique que «Build it underground DDO» remet en question.
«La ligne de transport aérienne est isolée à l’air. Le transit fait en sorte de réchauffer le câble. Ce réchauffement use le câble s’il est souterrain parce qu’il n’est pas refroidi par l’air ambiant. Le câble va user prématurément en comparaison avec un câble aérien», prétend M. Rousseau.
Le coût plus élevé d’une ligne enfouie serait dû à un temps de construction plus long avec l’ajout notamment de deux liaisons aéro-souterraines à 315 kV aux extrémités ainsi qu’un montant prévu pour reconstruire des lignes souterraines après 40 ans de vie utile.
Compensation financière
S’ils ne peuvent empêcher le projet aérien, le groupe citoyen souhaiterait que le BAPE recommande à Hydro-Québec de compenser les propriétaires de maisons adjacentes comme il l’a fait dans le cas d’un projet de ligne à 735 kV de la Chamouchouane—Bout-de-l’Île, sur 400 km, du Saguenay—Lac-Saint-Jean à Montréal.
Malgré cette recommandation du BABE, Hydro-Québec n’offre des compensations financières que si la société d’État fait l’acquisition de nouveaux droits de passage.
«Aucune compensation n’a jamais été accordée par Hydro-Québec pour la perte de jouissance visuelle liée à la présence d’une ligne», indique Serge Abergel, porte-parole spécialiste des lignes de transport.
M. Rousseau mentionne cependant que la Ville de Dollard-des-Ormeaux recevra 400 000 $ dans le cadre du programme de mise en valeur intégrée (PMVI).
Le BAPE tiendra une soirée d’information le mercredi 30 mars à compter de 19h30, à la salle Champagne de l’hôtel Holiday Inn et Suites au 6700, route Transcanadienne à Pointe-Claire.
Répartition des coûts du projet Dollard-des-Ormeaux selon l’option de fils
Option fils souterrains:
Coût total: 135 M$: pose des fils: 59 M$, rénovation du poste Saint-Jean: 76 M$
Option fils aériens:
Coût total: 90 M$: pose des fils: 14 M$, rénovation du poste Saint-Jean: 76 M$
