Outremont

À Mont-Royal, comment pensez-vous concilier les disparités de plus en plus marquées entre les classes sociales et culturelles ?

Pierre Arcand, Parti Libéral du Québec

Diminuer les disparités entre les citoyens du Québec est un défi constant et sous notre gouverne, des progrès ont été réalisés. Ce n’est cependant pas assez et nous devons continuer à améliorer les choses.

La circonscription de Mont-Royal, que j’ai l’honneur de représenter à l’Assemblée nationale depuis 2007, est composée d’une grande diversité sociale et culturelle. Le quartier Côte-des-Neiges est d’ailleurs un des quartiers les plus multiculturelS au Canada !

Tout d’abord, je rappelle que mon gouvernement croit fermement que l’immigration constitue une force positive de développement économique, social et culturel pour l’ensemble de la société. À cet effet, le gouvernement libéral a finalisé des ententes de plus de 15 M $ sur l’île de Montréal pour l’intégration des nouveaux arrivants, en plus de consacrer près de 50 M $ à l’offre de service de francisation aux personnes immigrantes.

Le PQ propose de créer une citoyenneté québécoise exclusive à ceux qui parlent français et qui auraient le privilège de se présenter aux élections. Cela aura pour effet de diviser les Québécois en deux classes de citoyens.

Notre gouvernement, dans un nouveau mandat, travaillera sans relâche afin d’améliorer les services d’accueil des néo-Québécois afin qu’ils puissent être à nos côtés pour bâtir un Québec davantage tolérant et ouvert sur le monde pour l’avenir.

Au niveau de la lutte à la pauvreté, les mesures du gouvernement libéral ont porté fruits : il y a aujourd’hui 80 000 personnes en moins sur l’aide sociale par rapport à 2003. Nous avons également considérablement augmenté le salaire minimum de 35% depuis que nous sommes au pouvoir.

Le bilan du PLQ parle de lui-même. Je suis donc fier de me présenter pour un nouveau mandat sous la bannière libérale devant l’électorat de Mont-Royal.

André Normandeau, Parti Québécois

Encore une question pour nous inviter à « faire des promesses électorales ». Surtout sur un sujet aussi vaste que la pauvreté et les disparités entre les classes sociales. Je pourrais vous dire que nous allons « éliminer » la pauvreté, diminuer radicalement l’écart entre les riches et les pauvres. Je vous mentirais effrontément. Certes, il faut essayer de diminuer cet cart par des politiques économiques et sociales efficaces.

Dans les pays occidentaux, y compris au Québec et au Canada, on a relevé en partie ce défi depuis la révolution industrielle du milieu du XIXe siècle. Tous les partis politiques au Québec s’y sont attelés, même si le Parti Québécois, de par son « programme social-démocrate », à la scandinave, en a fait une priorité plus que d’autre, à mon avis. Les économistes nous le disent: au Québec, « l’État continue de jouer son rôle de Robin des bois.

Ainsi, les 20% les plus pauvres voient le revenu qu’ils gagnent personnellement plus que doubler des années 2000 aux années 2010. Inversement, le groupe le plus fortuné voit ses revenus amputés après le passage de l’impôt ». Il ne faut donc pas « crier au loup » en pensant que l’État (que ce soit le Parti libéral ou le Parti québécois) intervient moins qu’avant pour réduire l’écart. « L’État ne se désengage donc pas, loin de là ». Il ne faut évidemment pas baisser les bras devant ce défi herculéen. Il faut sans cesse travailler d’arrache-pied pour parvenir à réduire ces disparités.

Au risque de tenir un langage « non politiquement correct », puis-je, en cette fin de campagne électorale, être le plus transparent possible, quitte à être un peu « naïf », délibérément, car la vie est trop courte pour tenir sans cesse une langue de bois. Je veux donc mettre le souhait suivant sur « votre table de réflexion », à savoir:

J’aimerais qu’un jour les partis politiques cessent de toujours prendre des engagements qu’ils ne peuvent pas tenir souvent après les élections, faute de budget, faute de consensus entre les groupes de citoyens dont certains sont férocement contre telle ou telle proposition de changement, faute de volonté politique réelle … Je rêve d’un parti politique qui ne ferait aucune promesse pendant la campagne électorale. Un parti qui proposerait seulement une équipe de candidats-députés prêts à administrer le Québec de la façon la plus intelligente possible, la plus efficace possible.

Quelle folie que cette constellation de promesses alors que nous avons une dette colossale au Québec, la plus élevée de l’ensemble du Canada. Malheureusement, en période électorale, la population en général et les journalistes s’attendent à des promesses, à coups de millions, sinon de milliards. Comme le dirait la chanteuse populaire Dalida, « ce n’est que parole, parole, parole », que « promesse, promesse, promesse ». Il faudrait au moins exiger que chaque promesse soit accompagnée d’un engagement précis pour payer la promesse. Par une levée d’argent, via les impôts, par exemple, mais sans exagérer non plus dans ce secteur, car les Québécois sont aussi les plus taxés au Canada.

Stefan Stanczykowski, Coalition Avenir Québec

Je crois que la Coalition offre des solutions à la disparité des classes. Aucun parti ne s’est engagé à investir autant en éducation que la Coalition Avenir Québec. L’éducation est selon la Coalition, la clef du développement du Québec. Il faut que tous y aient accès et puissent en retirer les compétences, formations, enseignements et certifications requis pour occuper des emplois plus rémunérateurs. C’est une solution à la disparité des classes sociales et culturelles.

De plus, une des premières mesures annoncées par l’Équipe François Legault a été la promesse d’ajouter une heure de plus quotidiennement à l’école secondaire. Nous croyons qu’en modifiant quelque peu l’horaire au secondaire, en offrant des activités parascolaires intéressantes et des périodes d’études supervisées, les jeunes seront plus motivés à demeurer à l’école. C’est un premier pas vers une offensive plus large pour encourager la persévérance scolaire et contrer le décrochage, un fléau de notre société.

En plus de l’éducation, la Coalition propose également que tous les Québécois aient accès à un médecin de famille, une réduction d’impôt de 1000$ pour les familles de classe moyenne, un crédit d’impôt de 1000$ pour l’accès à la propriété comme des mesures susceptibles de diminuer la disparité entre les classes. Nous allons également investir 50 000 000$ afin que les enfants dans les écoles puissent avoir accès aux produits culturels québécois. Nous n’enrayerons pas la disparité, mais nous voulons permettre à tous de progresser et d’améliorer leurs conditions de vie.

Marc-André Beauchamp, Québec Solidaire

La première étape pour diminuer les écarts socioéconomiques est de s’assurer que tous les travailleurs et prestataires d’aide sociale vivent au-dessus du seuil de la pauvreté. Il faut hausser le salaire minimum à 11,72$/h pour qu’un employé à temps plein au salaire minimum atteigne ce seuil. Nous voulons aussi que les prestataires d’aide sociale reçoivent leurs revenus d’un seul programme d’aide simplifié qui garantit un revenu minimum de 12 000$ par année pour chaque citoyen adulte.

Il faut aussi assurer des revenus décents pour chaque retraité. C’est pourquoi nous voulons instaurer un régime de retraite, universel pour tous, capable de donner à chaque citoyen un minimum 60% de leur salaire.

Mais dans notre circonscription, particulièrement à Côte-des-Neiges, la mesure la plus urgente est de reconnaître les compétences des immigrants qu’ils ont acquises dans leur pays d’origine. Tous les immigrants doivent pouvoir travailler dans leur domaine de compétence s’ils veulent sortir d’emplois à faibles revenus mal rémunérés. Depuis ses débuts, Québec Solidaire ne cesse de presser le gouvernement pour que la reconnaissance des compétences s’applique à tous les pays, et non seulement à quelques pays pour quelques métiers. Et ce n’est pas qu’un enjeu économique, c’est aussi une priorité pour l’intégration sociale de ces immigrants.

C’est également à travers les évènements culturels que les douzaines de minorités culturelles de notre circonscription peuvent se rapprocher, mieux se connaître et en venir à mieux se respecter. C’est lors de nos fêtes de quartiers et manifestation culturelles que nous nous retrouvons côte à côte à célébrer nos différentes visions du monde et valorisons la liberté et la diversité de nos cultures. Québec Solidaire est le parti qui propose la plus grande augmentation de financement des événements culturels. Cette mesure est aussi bonne pour l’économie; selon le Conference Board of Canada, chaque dollar investi rapporte 11 fois plus en bénéfices directs et indirects.

Ken McMurray, Parti Vert du Québec

Je pense que l’éducation est importante à cet égard. L’éducation accessible, c’est être capable d’aller à l’école à une distance de marche raisonnable et ne pas avoir à être transportés par autobus sur toute la longueur du chemin à travers la ville.

L’accessibilité signifie également réduire et éliminer les obstacles financiers à l’éducation postsecondaire, et cela ne peut pas se faire simplement en augmentant l’endettement des étudiants et étudiantes, comme cela a été proposé par le gouvernement libéral.

Et pourquoi l’éducation? Parce qu’elle conduit à une meilleure compréhension et le respect des autres personnes, d’autres idées et d’autres façons de faire les choses. Pour toutes ces raisons, l’éducation est très importante dans la circonscription de Mont-Royal. Elle nous montre que nous avons tous les espoirs et les peurs de la vie, et que nous vivons tous sur la même planète.

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