Mélodie Nelson se trouvait à la pataugeoire du parc Lafond, en compagnie de ses deux enfants. Souhaitant nourrir son petit garçon d’un an, elle a baissé le haut de son maillot, tout en gardant un œil sur sa petite fille qui se baignait, explique-t-elle dans un billet publié sur son blogue melodienelsonmaman.com.
C’est alors que la personne responsable de surveiller la piscine lui aurait demandé d’arrêter, après que d’autres parents aient manifesté leur inconfort.
«Le sauveteur a répété que je devais comprendre et cesser. J’ai monté le ton, furieuse, répétant que j’étais dans mon droit et qu’il devait comprendre que j’étais dans mon droit, et que si ça choquait quiconque, que ce soit ces personnes qui devraient sortir de la pataugeoire, et non moi. Je lui ai dit que s’il voulait absolument que je sorte, il devrait me signer un papier décrivant l’événement ou appeler la police. Il m’a dit qu’il reviendrait me parler, ce qu’il n’a pas fait », écrit la mère furieuse, sur son blogue.
Si elle concède que son fils est curieux et peut parfois lâcher le sein, l’exposant ainsi aux regards des autres, elle estime néanmoins « qu’il n’y a rien de choquant là-dedans ».
«C’est bien, de voir une maman allaiter. C’est merveilleux de pouvoir expliquer à ses enfants, s’ils posent des questions. Les enfants apprennent alors à voir les seins comme une source de réconfort et de nourriture, et non seulement comme une source d’excitation hormonale, comme ils sont présentés lors de films de superhéros ou dans des pubs de désodorisant, de fauteuils ou whatever », défend-elle.
Afin de manifester son indignation, Mme Nelson a invité les mères à un nurse-in, le 4 juillet, à 16 h, à la piscine du parc Lafond.
Allaitement permis en tout temps
Du côté de l’arrondissement, on déplore cet incident, indiquant que l’allaitement est permis en tout temps dans les lieux publics.
« C’est un employé saisonnier qui a été poussé par les autres parents. Il n’aurait pas dû avertir la maman.
« Normalement, on rencontre les sauveteurs au début de la saison et on leur donne une formation.À l’arrondissement, on n’a aucun problème avec l’allaitement. À la suite de ce qui s’est passé, on va rencontrer tous les employés pour leur dire que c’est permis dans nos installations. Il n’y a aucun problème », insiste le chargé de communication, Serge Fortin.
À savoir si des endroits exclusivement réservés aux mères qui allaitent devraient être aménagés dans les lieux publics pour accommoder, les mamans nourricières ainsi que les autres personnes que l’allaitement pourrait choquer, M. Fortin indique que cela est déjà fait, lorsque le contexte le permet.
« On en a déjà une à la bibliothèque Marc-Favreau et au parc Maisonneuve, pour que les mères soient plus tranquilles. Par contre, si elles veulent allaiter ailleurs, elles le peuvent. On fait ça pour accommoder les femmes, pas ceux à qui l’allaitement déplait.
« Il y a par contre des installations où ce n’est pas forcément pratique d’avoir des salles d’allaitement, comme à la pataugeoire », explique-t-il.
Malgré la position de l’arrondissement, qu’elle juge satisfaisante, Mme Nelson compte maintenir la tenue de son événement, si le beau temps est de la partie.
« Je ne le fais pas pour dénoncer, mais pour inviter les parents à être solidaires et pour permettre aux mamans d’allaiter en paix. Plusieurs m’ont écrit à la suite de l’incident; elles me disent qu’elles oseront maintenant allaiter en public, grâce à ma revendication. C’est triste d’arriver à dire qu’allaiter est un geste « osé », ou « courageux ». C’est un geste du quotidien; c’est à la fois nourrir et réconforter son enfant », a laissé savoir la maman au Journal de Rosemont.