C’est la question que se pose Daniel Labrosse. Résident et propriétaire d’un bed & breakfast sur la 10e Avenue, celui qui est membre de Tourisme Montréal soulève ce quiproquo : « Il y a, sur le site, un onglet pour découvrir la Petite-Italie, qui n’est même pas un vrai quartier en soit. Il y en a un autre, celui de Hochelaga-Maisonneuve, où on y retrouve le parc Maisonneuve, le Jardin botanique et l’Insectarium de Montréal. Tous ces lieux sont pourtant dans Rosemont – La Petite-Patrie! Pourquoi est-ce qu’on a morcelé le quartier? Qui a pris cette décision de nous enlever des éléments intéressants pour les touristes? »
Chez Tourisme Montréal, on indique que le choix de regrouper sous l’onglet Hochelaga-Maisonneuve les éléments constituants l’Espace pour la vie, de même que le parc Maisonneuve, ne leur revient pas. « C’est le milieu lui-même qui décide, pas nous, laisse savoir Pierre Bellerose, vice-président de l’organisme. Les responsables du Jardin botanique et de l’Insectarium ont décidé, il y a de ça quelques années déjà, de se coller au Parc olympique, pour ainsi avoir accès à un maximum de touristes. Et les installations olympiques sont dans Hochelaga-Maisonneuve, alors voilà pourquoi on retrouve tout cela dans cet onglet.
« Pour la Petite-Italie, c’est différent, poursuit-il. Les décideurs de ce secteur ont voulu former une entité pour attirer les touristes internationaux, surtout durant le Grand Prix de Montréal, tout en défendant le point que chaque grande ville a sa Petite-Italie. Voilà comment cet onglet est né. »
M. Bellerose est conscient que les deux secteurs en question font parties de Rosemont – La Petite-Patrie. « Mais est-ce que le touriste international le sait, lui ? Et même le touriste provenant du grand Montréal ? Là est la vraie question. Avant de penser attirer des touristes internationaux, il faut que le quartier devienne un incontournable pour les Montréalais eux-mêmes. »
Il admet que quelques endroits sont intéressants pour les touristes: le parc Molson, le cinéma Beaubien, Chez Roger, la Promenade Masson, la Plaza… « Si tous les intervenants venaient nous voir, parlant d’une seule voix, il y aurait une écoute de notre part, tout comme il y en a eu une pour le Plateau et le Village. Mais pour l’instant, ce n’est pas le cas. »
Le propriétaire du B&B de la 10e Avenue souligne lui aussi ce manque d’intérêt des intervenants locaux pour la situation actuelle. « Je ne comprends pas que les restaurateurs d’ici n’allument pas; on ne retrouve rien sur le site en terme de restauration dans le quartier. Les touristes sont envoyés au centre-ville et dans le Vieux-Montréal. Personne ne semble indigné de cette situation. Et si j’étais un élu de Rosemont – La Petite-Patrie, je serais insulté que Tourisme Montréal ne considère pas le quartier comme un endroit où il y a des attraits touristiques », évoque M. Labrosse.
Le maire de l’arrondissement, François W. Croteau, est au fait de cette problématique. « Il faut regarder cela dans son ensemble et se poser la question à savoir si le quartier attirerait des touristes internationaux. La réponse est non. On a des attraits touristiques indéniables, qui attirent des Montréalais certes, mais de là à faire des démarches auprès de Tourisme Montréal… Je pense qu’il y a d’autres moyens de faire la promotion de notre quartier », suggère-t-il.
Soulignons que Tourisme Montréal croit que « Rosemont – La Petite-Patrie » verra le jour éventuellement sur leur site Internet et sur les cartes remises aux touristes, mais que « pour l’instant, on y retrouve trop peu de constituantes touristiques » pour changer la donne.