« Je serai dans la salle, avec les grandes vedettes. Je vais donner des petits coups de coude à Brad Pitt », dit le Rosemontois en riant.
C’est devant son ordinateur, avec sa blonde et sa petite fille que Patrick Doyon a vu qu’il était des cinq finalistes retenus par l’Académie.
« Quand la courte liste est sortie, il y a quelques semaines, quand j’ai su que j’étais dans les dix derniers retenus pour le meilleur court-métrage d’animation, là, le stress a embarqué, parce que ça devenait concret.
« Ce n’était pas la même chose quand j’ai appris que j’étais finalement retenu comme finaliste pour les Oscars. On voit notre nom sur l’écran, on a un sentiment de fierté, c’est cool, mais le stress n’est pas le même. Je m’en vais là-bas pour profiter de la chance d’y être. Je vais rencontrer d’autres cinéastes d’animation, faire des contacts, rencontrer des gens. Et de toute façon, je ne suis pas le favori de la course… mais ça me va très bien d’être le underdog », dit-il.
Depuis que son nom a été dévoilé le 24 janvier, les demandes d’amitié Facebook pleuvent. « Il y a plein de gens qui veulent être mon ami et que je ne connais même pas. C’est très drôle. Et il y a aussi tous les courriels, les demandes d’entrevue… C’est un peu étrange. »
Deux ans de Dimanche
Au final, son film dure moins de 10 minutes. C’est pourtant plus deux ans de sa vie que Patrick Doyon a consacrée à l’élaboration, la conception et l’animation de Dimanche.
Quand il a soumis son synopsis à l’Office National du Film (ONF) du Canada, il ne connaissait pas encore toute l’ampleur du travail qui l’attendait.
« Il y a eu de bons moments et d’autres de découragement, admet-il. Ce qui est difficile avec l’animation, c’est qu’avant d’arriver au montage final, tu ne sais pas à quoi ressemblera ton film. C’est difficile de voir le bout, la finalité. On a toujours des scènes à ajouter, de la musique à mettre, des trucs à retoucher. Mais j’ai eu la chance de travailler directement à l’ONF. J’avais un bureau là. Ça me permettait de rester motiver, d’avoir moins de moments de découragement. Avoir fait le film chez moi, je pense que ç’aurait été encore plus difficile. J’aurais trouvé des prétextes pour accepter d’autres contrats d’illustration et ç’aurait allongé le processus du film. »
Direction Los Angeles donc pour Patrick Doyon. Statuette ou pas, il croit que cette aventure lui permettra de plancher plus rapidement sur certains projets qu’il a déjà en tête. « Les Oscars, ç’a un effet à court et moyen terme, je pense. Ça peut m’aider pour des contrats au cours des deux prochaines années, et ça m’aidera surtout pour la visibilité. Il faut donc que j’en profite. »
– Pour en savoir plus sur Dimanche, de Patrick Doyon