Saint-Laurent

La volonté de changer le monde de Régine Alende Tshombokongo

La directrice générale et fondatrice du CEJFI, Régine Alende Tshombokongo.

La directrice générale et fondatrice du CEJFI, Régine Alende Tshombokongo.

Après avoir fui la guerre durant les années 1990, Régine Alende Tshombokongo est atterrie au Québec avec la ferme intention de s’impliquer. Dans le temps de le dire, elle a mis sur pied le Centre d’encadrement pour jeunes femmes immigrantes (CEJFI), basé sur le boulevard Edouard-Laurin à Saint-Laurent.

«Je suis née dans une famille où la promotion de l’égalité, la lutte contre l’injustice sociale ainsi que les études occupent la première place. Ces valeurs ont façonné mon leadership tout au long de mon parcours», dit Mme Tshombokongo.

Ces concepts risquent d’ailleurs d’émerger lors de sa participation à l’une des conférences prévues par le Comité des organismes sociaux de Saint-Laurent pour le Mois de l’histoire des Noirs, le 17 février.

«Ça rentre dans mon combat, mentionne-t-elle. Notre but, c’est l’amélioration de nos conditions de vie, de la contribution au développement de ce pays.»

Alors que Mme Tshombokongo était professeure assistante en Afrique du Sud, une guerre a éclaté au Congo, où sa famille se trouvait. Elle a donc pris le chemin du Canada.

«C’est une femme que je respecte énormément, parce que c’est une femme, comme j’ai toujours dit, de tête, de cœur», souligne son amie de longue date Gigi Vidal.

Implication

Régine Alende Tshombokongo était prête à tendre la main aux personnes qui avaient besoin d’aide lors de son arrivée dans la Belle province. «Je venais avec mon bagage, avec l’idée de changer le monde», mentionne la résidente de Laval. C’est ce que son père lui a inculqué, continue-t-elle.

En poursuivant ses études à Québec, Mme Tshombokongo a rencontré un groupe de femmes en quête de soutien, ce qui l’a éclairé sur son désir de s’impliquer dans la communauté. Elle a alors eu «une vision»: un centre d’encadrement pour jeunes femmes immigrantes. Après avoir déménagé à Saint-Laurent, «j’ai vite changé ma cuisine en bureau, et c’est là que j’ai commencé les démarches, rempli les papiers», raconte-t-elle.

Les visites dans les églises, les maisons d’hébergement, les mosquées ont été répétées, en quête de clientèle.

Afin d’obtenir de la reconnaissance et de sensibiliser le public, organismes privés ou communautaires, représentants de la scène politique ont été ralliés à travers plusieurs rencontres.

Plusieurs projets ont alors pu voir le jour. Mme Tshombokongo a misé sur le soutien psychosocial. «On est tellement intervenu que même les institutions nous recommandent des personnes, de la clientèle difficile, parce que nous utilisons une approche interculturelle, une approche spécifique», considère la fondatrice et directrice générale du CEJFI.

Environ 20 ans plus tard, ce sont les services d’aide à l’employabilité, qui offrent notamment des ateliers facilitant l’entrée sur le marché du travail, et le dépannage alimentaire, associé notamment à des cuisines collectives.

«La plupart [des femmes] sont de jeunes universitaires qui n’ont pas de diplôme, qui n’ont pas d’emploi, qui sont à l’aide sociale et qui veulent contribuer dans cette société», souligne Mme Tshombokongo.

Le travail de l’ancienne résidente de Saint-Laurent a été reconnu à plus d’une reprise. Elle a notamment reçu la médaille du jubilé de diamant de la reine Élizabeth II.

2000

Le Centre d’encadrement pour jeunes femmes immigrantes a officiellement été incorporé en 2000.

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