J’ai eu l’occasion ce matin de passer un peu de temps de qualité avec le système d’exploitation BlackBerry 10, la prochaine plateforme mobile du fabricant de téléphones intelligents Research in Motion. Ce que j’ai vu m’a énormément plu.
BlackBerry 10 est un système d’exploitation basé sur le système QNX, que l’on retrouve déjà sur la BlackBerry PlayBook. Celui-ci équipera les futurs appareils de la compagnie, qui seront dévoilés le 30 janvier prochain.
Il s’agit d’une toute nouvelle plateforme pour RIM, qui n’a aucun lien avec le système BlackBerry OS 7 que l’on retrouve dans les téléphones actuels de la compagnie. D’ailleurs, les applications BlackBerry OS 7 ne fonctionneront pas dans les téléphones BlackBerry 10, et vice-versa.
Un système basé sur la fluidité et la rapidité d’exécution
On dit souvent que les téléphones BlackBerry sont destinés aux gens d’affaires. S’il y a du vrai dans cette affirmation, il est toutefois clair que le public cible de BlackBerry 10 est plus large que les gens d’entreprises.
BlackBerry 10 est en fait un système conçu pour les «super-utilisateurs» (power-users), ceux pour qui prime la rapidité d’exécution.
Avec BlackBerry 10, tout est rapide. Il est par exemple possible de passer d’une application à l’autre facilement, sans fermer la première ou retourner sur l’écran d’accueil, il est possible d’avoir accès à ses courriels peu importe où l’on se trouve dans le système ou dans une application tierce (à l’aide d’une gestuelle appelée Peek, où l’on glisse son doigt vers le haut et vers la droite pour afficher ses messages à la gauche de l’écran), il est possible d’avoir jusqu’à 8 applications qui roulent en même temps, etc.
Le nouveau clavier devrait aussi grandement améliorer sa vitesse de frappe. Celui-ci offre la prédiction de texte (le clavier parvient souvent à deviner son prochain mot sans même qu’on ait besoin de taper une seule lettre) et il corrige trois langues simultanément (il n’est donc pas nécessaire de passer constamment du français à l’anglais, tout se fait tout seul).
Ces différentes caractéristiques sont en fait celles du clavier Swiftkey, un clavier qui est offert notamment sur la plateforme Android.
RIM a toutefois grandement amélioré le clavier de SwiftKey en insérant les mots prédis au-dessus des lettres, ce qui permet à l’utilisateur de simplement glisser son doigt au-dessus d’une lettre pour compléter le mot en cours.
Dans son ensemble, BlackBerry 10 laisse en fait une grande impression d’efficacité.
Les applications de RIM
BlackBerry 10 offre aussi plusieurs applications de base qui sont quand même réussies et dont plusieurs sont directement inspirées de leur équivalent sur le BlackBerry Tablet OS. L’agenda offre par exemple une interface assez ingénieuse, avec la taille des dates qui varie selon le nombre de rendez-vous dans une journée, et les contacts affichent un historique de nos interactions et des informations liées à leur entreprise.
La compagnie canadienne mise aussi gros sur son nouveau BlackBerry Hub, une sorte de boite de réception universelle, qui rassemble toutes ses notifications (Facebook, BBM, Twitter, Appels manqués), mais aussi sa boite courriels et ses prochains rendez-vous.
L’idée est intéressante, mais il faudra l’essayer plus longuement avant de voir si le Hub est réellement avantageux dans la vie de tous les jours, ce qui n’est pas encore garanti.
L’une des fonctionnalités qui devrait toutefois plaire en entreprise est BlackBerry Balance, qui permet de séparer le système d’exploitation en deux parties distinctes, une pour son travail et une pour sa vie personnelle. Détail intéressant, les gestionnaires TI pourront effacer votre appareil à distance, comme c’est généralement le cas, mais uniquement la partie pour le travail. Vous y conserverez donc toutes vos informations personnelles et vos applications.
La question des applications tierces
La qualité des boutiques d’applications tierces est désormais fermement associée au succès d’une plateforme mobile.
RIM a prouvé au cours des derniers mois à quel point la compagnie est déterminée à attirer les développeurs. L’entreprise canadienne offre régulièrement des cadeaux pour inciter les développeurs à porter leurs applications pour BlackBerry 10, elle organise des conférences à la grandeur du monde, etc.
Si la compagnie a un atout important dans sa manche, c’est qu’il est généralement possible de porter une application Android vers BlackBerry 10 virtuellement sans aucun effort. On peut donc assumer que les nombreux développeurs Android profiteront de l’occasion.
Évidemment, la quantité totale d’applications n’est pas la seule chose qui compte pour une plateforme comme BlackBerry 10. La présence des applications populaires importantes – comme Instagram, par exemple – l’est tout autant.
L’«avantage» du retardataire
En arrivant en dernier sur le marché des systèmes d’exploitation mobiles modernes, RIM n’aura certainement pas la tâche facile.
Mais en essayant BlackBerry 10, on réalise toutefois que ce retard peut aussi, parfois, représenter un avantage. À de nombreux égards, BB10 est un système qui semble en avance sur les autres.
Évidemment, on pouvait aussi dire la même chose du système WebOS de Palm, ce qui n’a certainement pas garanti son succès.
Mais même si les oiseaux de malheur s’acharnent sur RIM depuis de nombreux mois, et même ses concurrents sont dans certains cas déjà bien installés, il ne faudrait pas compter la bataille comme perdue d’avance pour la compagnie canadienne. Car le système d’exploitation qu’elle a entre les mains est certainement prometteur.
Il ne reste maintenant plus qu’à savoir si les développeurs lui donneront une chance et à quel point les propriétaires actuels de téléphones intelligents Android et iOS seront ouverts à l’idée de changer de plateforme.
Voici une présentation vidéo de BlackBerry 10:
[youtube http://www.youtube.com/watch?v=kcuV0l_3a00]
