VICTORIAVILLE, Qc — Le chef du Parti québécois Jean-François Lisée a invité Québec solidaire à réfléchir encore quelques jours avant de refuser définitivement son offre d’alliance pour une élection partielle à Montréal.

En concluant une réunion spéciale de son caucus, M. Lisée a expliqué que son offre tient toujours, d’ici au déclenchement de la campagne attendu sous peu, pour tenter de ravir la circonscription de Verdun aux libéraux.

«Je suis attentif à ce qu’ils disent mais je leur demande de réfléchir quelques jours, a-t-il dit en conférence de presse. Nous, on serait prêt à annoncer un candidat du PQ dans Verdun demain mais on préfère garder quelques jours de plus pour voir si nos partenaires peuvent reconsidérer leur position, parler à leurs électeurs et voir s’ils peuvent prendre cette main tendue.»

Le PQ propose à Québec solidaire et au Parti vert une investiture commune pour désigner un candidat dans Verdun qui, s’il est élu, siégerait comme indépendant à l’Assemblée nationale.

QS a invité les péquistes, samedi, à se rallier à la candidate qu’ils ont déjà choisie pour les représenter, une option rejetée dimanche par le chef du PQ.

Le Parti vert a également proposé, dimanche, que son chef, Alex Tyrrell, soit le candidat du ralliement dans Verdun.

«Il n’y a aucune garantie que le candidat indépendant portera nos idées à l’Assemblée nationale et qu’il ne se ralliera pas plus tard à une autre formation politique», a expliqué le parti dans un communiqué.

Un sondage du PQ montre que sans alliance, les libéraux vont gagner Verdun, tandis qu’un front commun du PQ et de QS serait au coude à coude avec eux.

Pour la deuxième fois depuis l’élection de M. Lisée, les députés se sont réunis en caucus, cette fois à Victoriaville, dans la circonscription d’Arthabaska où doit se tenir aussi bientôt une élection partielle.

La rencontre a été l’occasion pour la députée de Joliette Véronique Hivon de faire son retour, après avoir dû abandonner la course à la direction pour des raisons de santé, en août.

Mme Hivon a été reconfirmée dans ses fonctions de porte-parole à la justice mais également de responsable de la convergence des partis souverainistes.

Aux côtés de son chef en conférence de presse, Mme Hivon a affirmé que la convergence cible également les progressistes, dont le Parti vert, à qui M. Lisée a également tendu la main, en vain, dans Verdun.

«Il n’y a rien de fermé pour ce qui est de voir si les progressistes peuvent travailler ensemble, a-t-elle dit. Tout gain pour les progressistes, toute idée progressiste et tout recul du gouvernement absolument épouvantable avec lequel nous devons composer, va être un gain pour les Québécois.»

Selon Mme Hivon, la réponse de QS n’empêche pas la possibilité de discuter d’une candidature commune dans Verdun.

«Avoir un gain dans Verdun, sous une forme ou une autre, ce serait une excellente nouvelle de pouvoir avoir un candidat, un député progressiste de plus et un libéral de moins», a-t-elle dit.

Un peu plus d’une semaine après son élection, M. Lisée s’est montré confiant d’être en bonne voie vers l’unification de son équipe.

«J’aimerais vous dire oui, politiquement, a-t-il dit. On est presque là parce qu’il y a eu des répartitions de tâches, la majorité des gens ont eu ce qu’ils voulaient, d’autres n’ont pas eu exactement ce qu’ils voulaient.»

M. Lisée a confirmé qu’il donnait suite à son engagement de mandater Martine Ouellet, son adversaire dans la course, pour la rédaction d’un guide questions-réponses sur le projet indépendantiste pour expliquer notamment les enjeux des frontières, de la citoyenneté et des régimes de retraite.

Mme Ouellet a expliqué une nouvelle fois qu’elle se range derrière le choix des militants, qui ont choisi la stratégie de M. Lisée pour un référendum après 2022, plutôt que la sienne qui visait le prochain mandat.

«Voici une façon de mettre les jalons pour que le Québec se transforme de province à pays, a-t-elle dit. Donc c’est pour ça que j’ai accepté avec plaisir de travailler à cette initiative que j’ai moi-même proposées.»

Le député Maka Kotto, qui appuyait M. Cloutier durant la dernière course, a été élu par acclamation au poste de président du caucus, après le désistement de son collègue André Villeneuve, qui était dans le camp Lisée.

À son arrivée au caucus, Mme Hivon a déclaré dans un échange avec la presse qu’elle a eu le feu vert de son médecin pour reprendre toutes ses activités, après s’être retirée à la fin d’août.

«C’est sûr que c’est un deuil, d’arrêter en plein milieu une course, une aventure qui était très forte», a-t-elle dit.

Mme Hivon a affirmé qu’elle est demeurée neutre, après son retrait, pour permettre aux députés et militants qui l’appuyaient de faire leur choix librement.

Trois députés sont allés dans le camp Lisée, un seul dans celui d’Alexandre Cloutier, que Mme Hivon avait appuyé lors de la course précédente, en 2015.

«Il ne faut rien y voir du tout sauf une volonté de neutralité», a-t-elle dit.

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