CAMPBELLTON, N.-B. — Le python qui a tué deux garçons à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, en août 2013, avait déjà tenté de s’échapper de son vivarium une quinzaine de jours avant la tragédie, a soutenu un témoin, mercredi, au procès de Jean-Claude Savoie.

Selon Mme Ocean Eagles, qui était bénévole à l’animalerie de l’accusé, M. Savoie l’avait prévenue deux semaines et demie avant le drame qu’il avait surpris le serpent à moitié entré dans le conduit d’air du vivarium.

Jean-Claude Savoie est accusé de négligence criminelle ayant causé la mort des petits Noah Barthe, âgé de quatre ans, et Connor Barthe, âgé de six ans. L’accusé est propriétaire de l’animalerie située en dessous de son appartement, où les enfants Barthe passaient la nuit. Les deux garçons sont décédés lorsque le python de M. Savoie, qui pèse 45 kilos, est tombé du plafond sur leur lit.

Mme Eagles a raconté mercredi au procès qu’elle avait posé un couvercle sur le conduit d’air lorsque M. Savoie lui a parlé de la tentative de fuite du python. Elle soutient aussi qu’elle a prévenu le propriétaire de l’animalerie qu’il faudrait maintenant visser ce couvercle.

En contre-interrogatoire, Mme Eagles a toutefois admis que vu le diamètre important du python, il ne lui serait jamais venu à l’esprit que l’animal pourrait s’enfuir complètement par ce conduit d’air.

Elle a aussi raconté qu’elle s’approchait avec prudence du «dangereux» animal, parce qu’elle savait de quoi un python était capable.

La mère des enfants

Plus tôt mercredi, M. Savoie, qui vit aujourd’hui dans la région de Montréal, a pleuré en entendant le témoignage de la mère des deux garçons. Mandy Trecartin a indiqué au tribunal qu’en les confiant à un ami de la famille cette journée-là, elle n’avait aucune crainte quant à leur sécurité.

Mme Trecartin a raconté que sa petite famille habitait derrière l’appartement de M. Savoie, et que ses garçons étaient copains avec le fils de l’accusé, qui était lui-même un ami de la famille. Les enfants avaient d’ailleurs passé la journée avec M. Savoie, qui les a emmenés à la ferme de son père. Pour Mme Trecartin, les garçons étaient autant en sécurité avec lui qu’avec leur mère.

Le soir du 4 août 2013, elle et son conjoint ont confié les enfants à M. Savoie pour la nuit, comme ils le faisaient souvent. Mais au petit matin, l’accusé frappait à leur porte en criant que les deux garçons étaient morts.

Un policier de la Gendarmerie royale du Canada appelé sur les lieux du drame le matin du 5 août 2013 a aussi témoigné pour la Couronne, mercredi. L’agent Éric Maillet a raconté que c’est M. Savoie qui avait remis le python dans son vivarium, fermé par une vitre du plancher au plafond. Le policier a été étonné de constater qu’un serpent si gros pouvait «lever si haut la tête vers le conduit d’air».

Le serpent a ensuite été placé dans une poubelle et transporté ailleurs, a indiqué l’agent Maillet.

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