Quatorze travailleurs temporaires guatémaltèques font face à la déportation après avoir été floués, selon eux, par une agence de placement.

Les travailleurs affirment que l’agence de placement les a encouragé à travailler dans l’illégalité, en plus de les frauder chacun de 4500$ pour une fausse consultation en immigration dans le but supposé de régulariser leur situation.

Insatisfaits de leurs conditions de travail sur plusieurs fermes des Cantons de l’Est, les travailleurs ont fait affaire avec une agence de placement, qui leur a promis de transférer leur permis de travail vers un autre employeur, moyennant 4500$ pour s’assurer les services d’un consultant en immigration. Celui-ci devait s’assurer de transférer leur permis de travail en toute légalité.

Les travailleurs temporaires ont généralement un permis de travail dit «fermé», puisqu’il est lié à un employeur en particulier. Une demande de transfert vers un autre employeur nécessite généralement des semaines, voire des mois avant d’être approuvée.

Or, une opération de L’Agence des services frontaliers, le 26 octobre, a permis de déterminer que ce transfert n’avait pas été fait, et qu’ils travaillaient désormais dans l’illégalité. Tous ont été incarcérés. L’un d’eux a été déporté mardi matin, alors que quatre autres ont été libérés sous promesse de comparaître.

Le Centre des travailleurs et travailleuses immigrants (CTI) a entrepris des démarches légales au nom des travailleurs. Une plainte pour fraude a d’ailleurs été déposée auprès de la Sûreté du Québec (SQ). Une autre a aussi été envoyée à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). En attendant, les travailleurs ne peuvent toujours pas travailler au Canada.

«Ils sont désespérés, ils ont tous des familles et des enfants au Guatemala qui dépendent d’eux, a plaidé l’avocate qui les représente, Susan Ramirez. Ça fait plus de 20 jours qu’ils ne peuvent pas envoyer de sous à la maison.»

Un des travailleurs, Juan Antonio Enrique Godoy, a affirmé en point de presse que lui et ses compatriotes étaient venus travailler au Canada en toute légalité et qu’ils n’avaient pas l’intention d’aller à l’encontre des lois du pays.

«Nous ne sommes pas venus ici pour faire du mal à quiconque, a témoigné M. Godoy, dont le fils hospitalisé requiert les fonds qui lui sont envoyés par son père. Si nous retournons dans notre pays les bras vides, nous retournons dans une situation pire que quand nous l’avons quitté.»

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