Mike McLaughlin

SAINT-JÉROME, Qc — L’une des témoins au procès pour agression sexuelle de l’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest a raconté lundi comment elle avait vu l’accusé caresser la poitrine d’une coéquipière pour l’humilier au cours d’un séjour à l’étranger.

La femme a dit avoir vu Bertrand Charest au-dessus d’une des skieuses de l’équipe dans un lit de l’appartement que les athlètes partageaient en Europe durant la saison de ski de 1994-1995.

L’ex-entraîneur aurait cloué la jeune fille au lit, jouant avec la poitrine de celle-ci et disant aux autres personnes qui se trouvaient dans la pièce que ses seins n’étaient pas assez fermes.

La témoin a raconté que tout le monde s’était mis à rire sans réaliser ce qui était en train de se produire, alors que la victime alléguée demandait à Bertrand Charest d’arrêter.

Bertrand Charest fait face à 57 chefs d’accusation, notamment pour agression sexuelle et abus de confiance à l’endroit de 12 victimes alléguées qui étaient âgées de 12 à 19 ans au moment des faits reprochés.

La jeune femme qui s’est confiée à la cour lundi a dit avoir fait partie de l’équipe féminine junior Alpin Canada durant deux ans, à partir de la saison 1993-1994, alors qu’elle était âgée de 15 ans.

L’accusé, aujourd’hui âgé de 51 ans, ne l’a pas agressée sexuellement, a-t-elle soutenu, ajoutant toutefois que ce dernier lui attribuait des surnoms dégradants, de même qu’il l’aurait fait pour d’autres skieuses.

Dans une vidéo présentée lundi par la Couronne, on peut d’ailleurs entendre Bertrand Charest employer ce genre de surnoms pour s’adresser à la témoin — qui a fourni l’enregistrement — et à la jeune fille dont il aurait touché les seins en présence de coéquipières.

Si l’enregistrement vidéo comprenait des séquences de descentes en ski de jeunes femmes que l’accusé entraînait — notamment dévalant des pentes en France —, d’autres montraient plutôt des chambres d’un appartement que partageaient les adolescentes lors d’un voyage en Europe durant la saison de ski de 1994-1995.

Dans une séquence, on peut notamment y apercevoir deux jeunes skieuses qui semblent mal à l’aise et qui refusent de regarder directement la caméra.

La plupart des images ont été captées principalement par Bertrand Charest entre janvier et février 1995.

La témoin, qui affirme avoir quitté l’équipe à l’âge de 16 ans pour se concentrer sur ses études, a dit qu’elle ne se sentait pas à l’aise, à l’époque, en présence de Bertrand Charest.

Un autre témoin

Un autre témoin qui a pris la parole plus tard lundi a déjà eu pour entraîneur Bertrand Charest au début des années 1990. Il a toutefois affirmé l’avoir connu dès la fin des années 1980.

En voyageant avec son ex-entraîneur et des coéquipiers, l’homme a raconté s’être rendu compte des liens qu’avait tissés Bertrand Charest avec une jeune skieuse.

L’accusé était très proche de cette dernière et lui permettait toujours de s’asseoir à l’avant de la fourgonnette lors des déplacements en invoquant son mal de dos, a raconté le témoin. De la même façon, cette douleur alléguée aurait été prétextée pour que la jeune femme ait le droit d’avoir une chambre individuelle lorsque l’équipe devait séjourner dans des hôtels.

L’homme a raconté à la cour qu’il était par la suite devenu proche de son ex-entraîneur et qu’il le considérait alors comme un ami et un confident.

Or, à la fin de 1993, le témoin a fait part à Bertrand Charest de son intention de commencer à fréquenter la jeune fille pour laquelle son ex-entraîneur semblait avoir eu des sentiments.

L’accusé l’avait alors invité à dîner, a-t-il relaté. Visiblement nerveux, Bertrand Charest avait alors confié qu’il avait une relation intime avec l’adolescente en question depuis environ un an.

En contre-interrogatoire, l’homme a affirmé qu’après cet épisode, il était demeuré ami avec son ex-entraîneur. Ce dernier était âgé de 27 ans à l’époque et l’adolescente avec qui il avait une relation, de 15 ans, a-t-il dit.

Le procès s’est entamé le 2 mars et devrait se poursuivre jusqu’à la fin du mois.

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