SAINT-JÉROME, Qc — Même si la Couronne prévoit terminer la présentation de sa preuve vendredi, avec la 12e et dernière présumée victime de Bertrand Charest, la défense n’a toujours pas décidé si elle fera témoigner l’ex-entraîneur de ski.

Un des avocats de l’accusé, Me Jacky-Éric Salvant, a indiqué que cette décision ne serait prise qu’en fin de semaine et que Bertrand Charest était prêt dans un sens ou l’autre.

«Il s’en remet à ses avocats. On va le rencontrer en fin de semaine et on prendra une décision en équipe», a-t-il dit en sortant de la salle d’audience du palais de justice de Saint-Jérôme.

Par contre, Me Salvant a tout de même précisé qu’une défense sera présentée.

«On n’a pas autant de témoins que la poursuite, mais on a des témoins-clés, des témoins qui vont venir étayer notre preuve», a soutenu Me Salvant.

Le juriste a assuré que le procès — incluant les plaidoiries — serait terminé à la fin de la semaine prochaine, et ce, que Bertrand Charest témoigne ou non. Il a ajouté que ce dernier «est satisfait de la façon dont ça se déroule».

La journée de jeudi a servi à compléter le témoignage de Jeanne (nom fictif), une des présumées victimes qui était déjà venue à la barre vendredi dernier, au palais de justice de Saint-Jérôme.

La jeune femme a dû revenir devant le tribunal après qu’elle eut déniché un journal intime et des lettres datant de l’époque où elle était en contact avec l’accusé, au début des années 1990.

Bertrand Charest, aujourd’hui âgé de 51 ans, fait face à 57 chefs d’accusation, notamment d’agression sexuelle et d’abus de confiance, envers 12 plaignantes qui étaient âgées de 12 à 19 ans au moment des faits allégués, durant les années 1990.

Dans le cas de Jeanne, les accusations concernent principalement des attouchements.

Son témoignage complémentaire, jeudi, n’a pas permis d’ajouter de nombreux éléments au dossier, mais comme plusieurs autres présumées victimes, elle a répété que l’ex-entraîneur lui avait dit qu’il était amoureux d’elle.

«Ma perception était que j’étais en amour avec mon coach et qu’il était en amour avec moi», a-t-elle raconté au tribunal.

«Dans ma tête de 15 ans, c’est ce que je pensais», a-t-elle répondu lorsqu’on lui a demandé si elle le voyait comme son conjoint.

Elle a raconté avoir oeuvré à attirer son attention et, pour ce faire, cherchait à travailler plus fort pour avoir de meilleurs résultats sur les pentes.

À l’instar des autres victimes alléguées, elle a indiqué que l’entraîneur donnait plus d’attention à celle qui était sa favorite du moment et que ces favorites variaient d’une semaine à l’autre.

«Bertrand était très chaud et très froid, a-t-elle imagé. Des fois j’étais sa préférée, des fois je n’étais pas sa préférée.»

Dans une des lettres que Bertrand Charest lui avait écrites, l’entraîneur lui avait dit espérer qu’elle garderait la confidentialité sur leur relation.

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