OTTAWA — Face à la pression grandissante, les conservateurs ont éjecté mercredi du comité sénatorial sur les peuples autochtones la sénatrice Lynn Beyak, qui a tenu des propos controversés sur les pensionnats autochtones.

Un porte-parole de la chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, en a fait l’annonce en début de soirée.

«La sénatrice Beyak a été retirée du comité sénatorial des peuples autochtones», a écrit dans un courriel Jake Enwright, précisant que cette décision avait été prise «conjointement» par les leaders conservateurs des Communes et du Sénat.

«Mme Ambrose a bien fait comprendre que le point de vue de la sénatrice Beyak ne reflète pas la position du Parti conservateur sur les pensionnats indiens», a ajouté le porte-parole.

La sénatrice s’était attiré les foudres de plusieurs députés, tous partis confondus, de certains de ses collègues à la chambre haute et d’organisations autochtones après avoir suggéré qu’il y avait de «bonnes intentions» derrière ces institutions.

Sa démission du comité avait été réclamée par plusieurs au cours des dernières semaines.

Le député néo-démocrate Romeo Saganash, qui a lui-même été arraché à sa famille pour être envoyé dans un pensionnat autochtone, était allé jusqu’à demander sa démission pure et simple du Sénat.

Dans un gazouillis publié en soirée, mercredi, il a écrit que cette exclusion était «un pas dans la bonne direction», mais que cela n’était «pas suffisant».

«Elle doit démissionner, et le plus tôt sera le mieux», a indiqué M. Saganash dans le même message sur Twitter.

Jean-Guy Dagenais se porte à la défense de sa collègue

Un peu plus tôt, mercredi, le sénateur Jean-Guy Dagenais s’était pour sa part porté à la défense de sa collègue de caucus.

Le nouveau whip adjoint du Parti conservateur au Sénat avait rejeté les multiples appels à la démission, martelant que la sénatrice Beyak ne devrait pas selon lui «s’excuser d’avoir une opinion différente».

Il a dit trouver «dommage» qu’«aujourd’hui, c’est que parce qu’à l’occasion, on est d’une opinion différente, tout de suite, on exige la démission et puis il faut s’excuser».

«On voit ça, là, c’est à la mode, tout le monde s’excuse pour toutes sortes de choses (…) T’as une opinion, t’es en démocratie; respectons la liberté de parole», a déploré le sénateur en entrevue avec La Presse canadienne.

«Mme Beyak, je la connais, c’est une bonne sénatrice, ce n’est pas une personne qui a de mauvaises intentions», a-t-il enchaîné.

Pas d’excuses

La sénatrice de l’Ontario avait écarté à répétition l’idée de quitter son siège, tant au Sénat qu’au comité des peuples autochtones.

À ce jour, elle n’a présenté aucune excuse pour ses propos controversés.

Lors d’un débat sur la surreprésentation des femmes autochtones dans les prisons, en mars dernier, Lynn Beyak a soutenu qu’il y avait du bon derrière les pensionnats autochtones.

«Les personnes qui ont joué jadis un rôle dans les pensionnats indiens, dont certaines sont peut-être même vos ancêtres, avaient surtout de bonnes intentions, et nous devrions pardonner à celles pour qui ce n’était pas le cas», a-t-elle offert.

Le gouvernement libéral a vivement condamné les propos de Mme Beyak. La ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, les a qualifiés de «malavisés, offensants et tout simplement faux».

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