La Presse canadienne Le chef de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde.

OTTAWA — L’inclusion d’un chapitre sur les Autochtones dans un nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) pourrait nécessiter l’appui des différentes communautés autochtones aux États-Unis et au Canada, selon le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde.

Les Autochtones avaient été exclus des négociations de libre-échange dans les années 1990, a rappelé lundi M. Bellegarde, qui s’est dit ravi de voir qu’Ottawa travaillait à changer cela alors que les gouvernements du Mexique, des États-Unis et du Canada sont en train de discuter d’une nouvelle entente.

Le dirigeant autochtone, qui fait partie d’un comité consultatif sur l’accord, estime qu’il y a un «certain niveau d’instabilité» à la Maison-Blanche en ce moment, et il encourage donc le gouvernement canadien à accroître la pression sur les États-Unis pour qu’ils passent à l’action.

M. Bellegarde souligne que le gouvernement devrait aussi travailler avec les communautés autochtones aux États-Unis et au Canada.

Selon lui, le Canada est un chef de file puisqu’il a pensé à inclure et impliquer les peuples autochtones dans des négociations commerciales internationales.

M. Bellegarde plaide que le nouveau chapitre sur les Autochtones apporterait plus de stabilité économique aux trois pays.

«Cela ouvre aussi la porte à des occasions potentielles de développement économique pour les peuples autochtones, tout en s’assurant que nous trouvions un bon équilibre entre l’environnement et l’économie», a-t-il ajouté.

La semaine dernière, lorsque la première ronde de négociation a commencé, la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a remercié personnellement M. Bellegarde pour sa suggestion de créer un chapitre qui portera spécifiquement sur les droits des Autochtones.

«J’en ai parlé avec des responsables et ils étaient très enthousiastes à ce sujet», avait déclaré la ministre à Ottawa.

Le gouvernement fédéral tente en ce moment de déterminer comment les termes de l’accord pourront appuyer le développement économique des Autochtones et respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

Cet été, l’International Inter-Tribal Trade and Investment Organization — un groupe d’experts autochtones et non-autochtones — avait aussi demandé à Affaires mondiales Canada de créer un chapitre consacré aux Autochtones, qui comprendrait une plus grande protection de la propriété culturelle et des connaissances traditionnelles.

Risa Schwartz, avocate et chercheuse au Centre pour l’innovation dans la gouvernance internationale, dit être agréablement surprise par l’ouverture de la ministre Freeland.

Mme Schwartz croit que ce chapitre n’est pas une priorité pour les États-Unis, mais selon elle, le Mexique pourrait se montrer plus intéressé.

«Si on regarde l’histoire de l’ALÉNA, il y a eu un immense tollé de la part des peuples autochtones au Mexique en 1994, alors il y a peut-être une conversation plus sérieuse à avoir avec le Mexique à ce point-ci», a-t-elle déclaré.

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