Mario Beauregard/Métro La première édition du Nomadfest rodéo urbaine s'est tenue du 24 au 27 août 2017 à Montréal.

MONTRÉAL — Le populaire Festival western de Saint-Tite et un professeur de droit de Montréal s’opposent de nouveau quant à savoir si les événements de rodéo de l’an dernier au Québec contrevenaient aux règles de la province sur le bien-être des animaux.

Alain Roy, professeur à l’Université de Montréal, a dévoilé un rapport, mercredi, qui s’appuie sur des vidéos tournées lors des 20 rodéos qui ont eu lieu à Montréal et à Saint-Tite l’été dernier et sur les analyses effectuées par le vétérinaire anesthésiologiste Jean-Jacques Kona-Boun. M. Roy soutient que le rapport démontre que les animaux ont été exposés à des risques de lésions et à de la détresse psychologique.

Cette pratique violerait la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal du gouvernement du Québec adoptée en décembre 2015, qui interdit les abus ou mauvais traitements pouvant affecter la santé des animaux ou les actions ou omissions les exposant à de la détresse.

Néanmoins, les organisateurs du Festival western de Saint-Tite, en Mauricie, ont estimé mercredi qu’il s’agissait d’un rapport biaisé. Par communiqué, ils ont fait valoir que les conclusions s’appuient uniquement sur les analyses d’un seul vétérinaire et correspondent, selon eux, à une interprétation abusive de la loi.

Le festival affirme que les mêmes images utilisées pour le rapport dévoilé par M. Roy ont été fournies à leur propre spécialiste du traitement des animaux, qui n’a déterminé «aucun abus, négligence ou comportement inacceptable» de la part des organisateurs, bénévoles et compétiteurs.

Le directeur général de l’événement, Pascal Lafrenière, a affirmé que le bien-être des animaux était au coeur des valeurs de son organisation et que les rodéos étaient strictement réglementés au sein d’organes de gouvernance québécois et internationaux.

M. Lafrenière a soutenu en entrevue qu’il y avait essentiellement dans le rapport des «présomptions», et que dans les faits, les accidents dans les rodéos sont «rarissimes». Il a aussi souligné que M. Roy avait déjà fait état publiquement de sa position sur les rodéos, avant même d’entreprendre son analyse.

Les rodéos du 375e de Montréal

Le professeur de droit avait fait une demande d’injonction il y a environ un an pour obtenir l’annulation des activités de rodéo organisées dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal.

Toutefois, un règlement à l’amiable avait permis la présentation des rodéos et aussi à M. Roy d’observer les épreuves en août à Montréal et en septembre au Festival western de Saint-Tite, pour que des experts puissent examiner les animaux avant et après leur participation aux épreuves.

Or, le rapport de plus de 600 pages conclut que les activités de dressage soumettent les chevaux et les taureaux à des risques de lésions et de graves blessures. Il en est de même pour la prise de veaux au lasso et pour le terrassement des bouvillons, selon le texte.

La détresse psychologique des animaux est bien réelle, d’après le rapport.

Le professeur Roy croit que les observations et les analyses permettent de conclure à des violations à la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal.

Il conclut qu’il revient au Comité consultatif sur les rodéos de prendre les décisions qui s’imposent.

Le comité provincial, sous la compétence du ministère de l’Agriculture du Québec, déterminera toutes prochaines actions dans ce dossier. Toutefois, M. Roy affirme que si le gouvernement n’agit pas, les militants de la défense des droits des animaux sont prêts à prendre d’autres mesures.

Le ministre de l’Agriculture, Laurent Lessard, a affirmé aux journalistes à Québec qu’il attendra les conclusions du comité, mais a dit croire que les rodéos — que ce soit au Québec ou ailleurs — pouvaient avoir lieu dans le respect des règles provinciales sur le bien-être des animaux.

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